ACUPUNCTURE
Dernière mise à jour : 4 sept.

Quelques aiguilles très fines pour tenter d’apaiser la douleur, favoriser la détente ou agir sur certains symptômes : l’acupuncture intrigue autant qu’elle séduit.
Issue de la médecine traditionnelle chinoise, elle est aujourd’hui utilisée dans de nombreux pays et parfois intégrée à des prises en charge médicales de la douleur.
Dans la fibromyalgie, les résultats des recherches sont intéressants mais encore discutés. Certaines personnes en retirent un réel mieux-être, tandis que d’autres constatent peu ou pas d’effet.
Qu’est-ce que l’acupuncture ?
L’acupuncture consiste à introduire de très fines aiguilles à des endroits précis du corps.
Dans la médecine traditionnelle chinoise, ces points se situent le long de « méridiens » dans lesquels circulerait une énergie appelée Qi. L’objectif est de rétablir un meilleur équilibre lorsque cette circulation est considérée comme perturbée.
Cette conception énergétique appartient au modèle traditionnel chinois et n’est pas démontrée comme un système anatomique au sens de la médecine occidentale.
Du côté de la recherche biomédicale, différentes pistes sont explorées pour expliquer certains effets de l’acupuncture : stimulation de fibres nerveuses, modulation des voies de la douleur, action sur certains neurotransmetteurs ou encore influence sur les mécanismes naturels de contrôle de la douleur.
Les mécanismes ne sont cependant pas encore complètement élucidés.
Comment se déroule une séance ?
Le praticien commence généralement par un entretien portant sur les symptômes et l’état général.
Dans une approche traditionnelle chinoise, il peut aussi s’intéresser au sommeil, à la digestion, au stress, aux sensations de chaud ou de froid, observer la langue ou prendre le pouls.
De très fines aiguilles stériles sont ensuite placées sur différents points du corps et laissées en place pendant un certain temps.
La sensation varie beaucoup d’une personne à l’autre : on peut ne presque rien sentir, ressentir un petit picotement, une lourdeur, une chaleur ou une sensation particulière autour du point stimulé.
Il existe également différentes variantes, comme l’électroacupuncture, où une faible stimulation électrique est appliquée entre certaines aiguilles.
Pourquoi peut-elle intéresser les personnes atteintes de fibromyalgie ?
La douleur chronique est l’une des principales raisons pour lesquelles des personnes se tournent vers l’acupuncture.
Dans la fibromyalgie, certains patients rapportent notamment :
une diminution temporaire des douleurs ;
moins de tensions ;
une sensation de détente ;
parfois une amélioration du sommeil ou du bien-être général.
L’expérience peut aussi inclure le temps d’écoute, le calme de la séance et le fait de bénéficier d’une prise en charge individualisée.
Et ces différentes dimensions peuvent compter lorsque l’on vit quotidiennement avec des symptômes persistants.
Que montrent les recherches ?
Plusieurs essais ont étudié l’acupuncture chez des personnes atteintes de fibromyalgie.
Les résultats ne sont pas tous identiques, mais les recherches récentes donnent des signaux plutôt encourageants, particulièrement concernant la douleur.
Une synthèse publiée en 2025, portant sur plusieurs revues systématiques et méta-analyses, retrouve notamment des améliorations possibles de la douleur et du retentissement de la fibromyalgie. Les auteurs soulignent toutefois que la qualité des preuves disponibles varie beaucoup et reste globalement faible à modérée.
Une autre analyse récente de 17 essais randomisés retrouve également des améliorations de la douleur et de la raideur, avec certains bénéfices observés au-delà de la période de traitement.
Il serait donc excessif de dire que « l’acupuncture ne fonctionne pas dans la fibromyalgie ».
Mais il serait tout aussi excessif d’affirmer qu’elle constitue aujourd’hui un traitement dont l’efficacité est solidement démontrée pour tous.
Pourquoi reste-t-il des incertitudes ?
L’acupuncture est particulièrement difficile à étudier.
Dans un essai sur un médicament, on peut comparer assez facilement le médicament à un comprimé placebo identique.
Pour l’acupuncture, créer une véritable « fausse acupuncture » est beaucoup plus compliqué : piquer ailleurs, utiliser des aiguilles superficielles ou simuler une piqûre peut déjà produire des sensations et éventuellement certains effets.
Les études utilisent aussi des techniques, des points, des fréquences et des durées de traitement très différentes.
C’est notamment pour cette raison que la Haute Autorité de Santé française, dans ses recommandations de 2025 sur la fibromyalgie, considère que les résultats sont encore trop contradictoires et les études de qualité insuffisante pour pouvoir recommander actuellement l’acupuncture comme traitement de référence de la fibromyalgie.
Cela ne signifie pas qu’elle soit déconseillée : cela signifie que son bénéfice reste à évaluer individuellement.
Une approche qui existe aussi dans les structures médicales belges
L’acupuncture n’est pas uniquement pratiquée dans des cabinets de médecines complémentaires.
En Belgique, certains services hospitaliers l’intègrent également dans une approche de la douleur chronique.
Au CHIREC – Hôpital Delta à Bruxelles, par exemple, les services de Pain Clinic, de kinésithérapie et d’acupuncture ont développé une prise en charge des douleurs chroniques par acupuncture. La fibromyalgie fait partie des situations citées par l’établissement.
Cela illustre bien la manière dont l’acupuncture peut être envisagée : non pas nécessairement à la place des autres soins, mais comme un outil complémentaire dans une prise en charge plus globale.
Et en Belgique, est-ce remboursé ?
L’acupuncture en elle-même n’est pas remboursée par l’assurance maladie obligatoire belge.
Certaines mutualités proposent toutefois une intervention dans le cadre de leurs avantages complémentaires.
La Mutualité chrétienne, par exemple, prévoit actuellement une intervention pouvant aller jusqu’à 15 € par séance, dans la limite de son avantage annuel consacré aux thérapies complémentaires et à la prévention.
Solidaris Wallonie prévoit également une intervention pour l’acupuncture, à certaines conditions et auprès de praticiens reconnus par la mutualité.
Les montants et conditions peuvent évoluer et diffèrent selon les mutualités. Mieux vaut donc vérifier avant de commencer plusieurs séances.
Choisir son praticien
C’est particulièrement important en Belgique, où le cadre des pratiques non conventionnelles a évolué récemment.
Il est utile de se renseigner sur :
la formation initiale du praticien ;
sa formation spécifique en acupuncture ;
son appartenance éventuelle à une association professionnelle reconnue ;
son expérience de la douleur chronique ;
l’utilisation d’aiguilles stériles à usage unique ;
et sa capacité à travailler en complément du suivi médical plutôt qu’à s’y substituer.
Certaines mutualités imposent d’ailleurs leurs propres critères de reconnaissance pour pouvoir bénéficier d’une intervention financière.
Y a-t-il des risques ?
Lorsqu’elle est pratiquée correctement par une personne formée avec du matériel stérile, l’acupuncture entraîne généralement peu d’effets indésirables graves.
Les plus fréquents sont plutôt :
une petite douleur au point d’insertion ;
un léger saignement ;
une ecchymose ;
parfois une sensation de fatigue après la séance.
Les complications graves sont rares, mais elles restent possibles si la technique est mal pratiquée. La HAS insiste donc sur l’importance d’un praticien correctement formé et d’aiguilles stériles à usage unique.
Comment savoir si cela vaut la peine de continuer ?
C’est peut-être la question la plus utile.
Si vous souhaitez essayer l’acupuncture, il peut être intéressant de choisir un objectif concret :
Est-ce que je cherche à diminuer mes douleurs ? À mieux dormir ? À réduire certaines tensions ? À améliorer mon bien-être ?
Puis de réévaluer après quelques séances.
Est-ce que je ressens réellement une différence suffisamment intéressante pour continuer ?
Si plusieurs séances n’apportent aucune amélioration, il n’est pas nécessaire de poursuivre indéfiniment dans l’espoir que cela finira par fonctionner.
À l’inverse, lorsqu’une personne ressent un bénéfice réel et que l’approche est bien tolérée, rien n’empêche qu’elle trouve sa place parmi ses différents outils de gestion de la fibromyalgie.
À retenir
L’acupuncture est une pratique issue de la médecine traditionnelle chinoise qui utilise la stimulation de points précis du corps à l’aide de fines aiguilles.
Dans la fibromyalgie, plusieurs études et synthèses récentes montrent des résultats encourageants, notamment sur la douleur, mais la qualité des preuves reste encore insuffisante pour la considérer comme un traitement de référence.
Cela n’enlève pas l’intérêt qu’elle peut représenter pour certaines personnes.
En Belgique, elle est d’ailleurs proposée dans certaines structures médicales de prise en charge de la douleur et plusieurs mutualités interviennent partiellement dans le coût des séances.
Comme pour les autres approches complémentaires, la question n’est donc pas forcément :
« Est-ce que l’acupuncture fonctionne ? »
mais plutôt :
« Est-ce qu’elle m’apporte, à moi, un bénéfice suffisamment intéressant pour trouver sa place dans ma prise en charge ? »
Sources
KCE – Belgique. État des lieux de l’acupuncture en Belgique. KCE Reports 153B.
CHIREC – Belgique. Douleur chronique ou aiguë : l’acupuncture se déploie sur le site Delta du CHIREC. Intégration de l’acupuncture dans la prise en charge de la douleur chronique.
Mutualité chrétienne – Belgique. Intervention complémentaire pour les consultations d’acupuncture.
Solidaris Wallonie – Belgique. Intervention pour les thérapies complémentaires, dont l’acupuncture.
Haute Autorité de Santé – France, 2025. Fibromyalgie de l’adulte : conduite diagnostique et stratégie thérapeutique. Analyse des données sur l’acupuncture.
Choi T.Y. et al., 2025. Acupuncture for fibromyalgia syndrome: an overview of systematic reviews and meta-analyses.
