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AIDANT-PROCHE

24 sept. 2025
6 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 3 jours


Aidant proche : aider… et parfois avoir besoin d’aide soi-même


Quand on vit avec une fibromyalgie, la question de l’aide peut se présenter de deux manières.


Certaines personnes ont besoin du soutien régulier d’un conjoint, d’un parent, d’un enfant, d’un ami ou d’un voisin pour continuer à gérer leur quotidien.


D’autres personnes atteintes de fibromyalgie sont elles-mêmes aidantes proches d’un enfant, d’un conjoint, d’un parent âgé ou d’une autre personne dépendante.


Et parfois… les deux situations se croisent.


Qu’est-ce qu’un aidant proche ?


En Belgique, être aidant proche ne signifie pas simplement « rendre service » de temps en temps.


Le SPF Sécurité sociale définit l’aidant proche comme une personne qui apporte régulièrement et gratuitement de l’aide et du soutien à une personne rendue vulnérable par son état de santé, son handicap ou son âge.


Il ne doit pas nécessairement s’agir d’un membre de la famille.


Un ami, un voisin, un colocataire ou toute autre personne avec laquelle existe une relation de confiance ou de proximité peut également être reconnu comme aidant proche.


L’aide doit cependant être régulière ou continue. Accompagner occasionnellement quelqu’un à un rendez-vous médical ne suffit donc pas à obtenir une reconnaissance officielle.


Quand un proche soutient une personne atteinte de fibromyalgie


La fibromyalgie peut rendre certaines périodes du quotidien particulièrement difficiles.


L’aide d’un proche peut alors prendre des formes très différentes :

  • faire certaines courses ou tâches ménagères ;

  • conduire ou accompagner à un rendez-vous ;

  • aider dans certaines démarches administratives ;

  • prendre des notes lors d’une consultation lorsque le brouillard cognitif complique les choses ;

  • adapter certaines activités lors des périodes de grande fatigue ou de douleurs importantes ;

  • prendre momentanément le relais lorsque certaines tâches deviennent trop difficiles ;

  • simplement être présent et comprendre que les capacités peuvent varier énormément d’un jour à l’autre.


Être aidant ne signifie pas nécessairement « tout faire à la place de ».


L’aide la plus utile est souvent celle qui permet de préserver autant que possible l’autonomie de la personne, tout en l’accompagnant là où elle en a réellement besoin.


Et quand la personne fibromyalgique est elle-même aidante ?


Cette réalité mérite également d’être reconnue.


Une personne atteinte de fibromyalgie peut être mère ou père d’un enfant malade ou en situation de handicap, accompagner un conjoint, soutenir un parent âgé…


Elle doit alors composer avec ses propres limites tout en répondant aux besoins de quelqu’un d’autre.


Douleur, fatigue, troubles du sommeil, difficultés cognitives et imprévisibilité des symptômes peuvent rendre ce rôle particulièrement exigeant.


Il peut alors être difficile d’admettre :

« Je veux l’aider, mais je ne peux pas toujours tout faire. »


Pourtant, reconnaître ses propres limites ne signifie pas abandonner l’autre.


Cela peut au contraire permettre d’éviter de s’épuiser complètement et de chercher d’autres relais lorsque cela devient nécessaire.


En Belgique, il existe deux reconnaissances différentes


C’est probablement la partie la moins connue.


La Belgique prévoit deux types de reconnaissance comme aidant proche.


1. La reconnaissance générale


Elle permet d’être officiellement reconnu comme aidant proche.


Elle n’ouvre actuellement pas, à elle seule, de droits sociaux spécifiques.


Pour l’obtenir, il faut notamment :

  • apporter une aide régulière ou continue ;

  • le faire gratuitement et à des fins non professionnelles ;

  • avoir une relation de confiance ou de proximité avec la personne aidée ;

  • respecter son projet de vie et son autonomie ;

  • résider effectivement en Belgique ;

  • apporter cette aide avec le concours d’au moins un professionnel.


La demande se fait auprès de sa mutualité, au moyen d’une déclaration sur l’honneur.


2. La reconnaissance avec droits sociaux


Cette reconnaissance impose des conditions supplémentaires.


L’aidant doit notamment apporter au moins :

  • 50 heures d’aide par mois, ou

  • 600 heures par an.


La personne aidée doit également présenter un niveau de dépendance ou de perte d’autonomie répondant à certains critères médicaux ou administratifs.


Un maximum de trois aidants proches peuvent simultanément obtenir cette reconnaissance pour une même personne aidée.


Depuis le 1er juillet 2026, l’attestation de reconnaissance avec droits sociaux est valable deux ans et peut être prolongée.


Et si la personne aidée souffre de fibromyalgie ?


C’est ici qu’il faut être précis.


Le diagnostic de fibromyalgie ne donne pas automatiquement droit à la reconnaissance avec droits sociaux.

Mais il ne l’exclut pas non plus.


Ce qui est évalué n’est pas simplement le nom de la maladie, mais ses conséquences concrètes sur l’autonomie et le besoin d’aide.


Deux personnes atteintes de fibromyalgie peuvent donc se trouver dans des situations complètement différentes.


L’une peut conserver une autonomie importante.


Une autre peut avoir besoin d’une aide régulière pour plusieurs activités de la vie quotidienne.


C’est cette situation réelle qui doit être prise en considération.


Autrement dit :

ce n’est pas l’étiquette “fibromyalgie” qui devrait déterminer le droit, mais le retentissement de la maladie.


Un congé spécifique pour les aidants proches reconnus


La reconnaissance avec droits sociaux peut notamment permettre à un travailleur de demander un congé pour aidant proche.


Et la réglementation belge a changé récemment.


Depuis le 1er juillet 2026, le congé peut atteindre, par personne aidée :

  • 6 mois en interruption complète ;

  • 12 mois en réduction à mi-temps ;

  • 30 mois en réduction d’1/5 temps.


Ces différentes formes correspondent au même crédit : l’équivalent de six mois d’interruption complète sur l’ensemble de la carrière.


Le congé à temps plein et certaines périodes à mi-temps peuvent également être fractionnés de manière plus souple qu’auparavant.


Une allocation d’interruption peut être versée par l’ONEM, sous réserve de remplir les conditions prévues.


Il faut d’abord obtenir la reconnaissance avec droits sociaux auprès de sa mutualité, puis accomplir les démarches auprès de son employeur et de l’ONEM.


Aidant proche ne veut pas dire soignant


Un proche peut énormément aider.


Mais il ne doit pas devenir, par défaut, infirmier, kinésithérapeute, psychologue, assistant social, secrétaire médical et coordinateur de soins à lui tout seul.


Les professionnels restent indispensables.


Et l’aidant a lui aussi le droit :

  • d’être fatigué ;

  • de ne pas savoir ;

  • de demander de l’aide ;

  • de prendre du temps pour lui ;

  • de mettre certaines limites.


L’épuisement de l’aidant n’aide finalement personne.


Ne pas oublier la personne derrière le rôle


On parle souvent de l’« aidant proche » comme d’une fonction.


Mais derrière cette fonction, il y a une personne.

Un conjoint.

Une fille.

Un fils.

Une mère.

Un père.

Un ami.

Quelqu’un qui aime, qui s’inquiète, qui s’adapte, qui peut aussi avoir peur ou se sentir démuni.


Et parfois, pour la personne malade, accepter cette aide n’est pas simple non plus.

Perdre une partie de son autonomie, devoir demander de l’aide pour des choses que l’on faisait autrefois sans réfléchir, peut être difficile à vivre.


L’aide fonctionne donc mieux lorsqu’elle reste basée sur le dialogue, le respect et les choix de la personne concernée.


Où trouver de l’aide en Belgique ?


Pour obtenir une reconnaissance officielle


La demande de reconnaissance comme aidant proche se fait auprès de votre mutualité.


Elle pourra vous expliquer :

  • quelle reconnaissance correspond à votre situation ;

  • quelles attestations sont nécessaires ;

  • si les critères de dépendance sont remplis ;

  • et quels droits ou aides peuvent éventuellement être mobilisés.


Ressources spécialisées


En Wallonie, Aidants Proches ASBL propose informations, écoute, outils et orientation.

À Bruxelles, Aidants Proches Bruxelles accompagne également les personnes concernées.

Il existe aussi des ressources destinées spécifiquement aux jeunes aidants proches, car des enfants, adolescents et jeunes adultes peuvent eux aussi assumer une part importante de l’aide apportée à un parent, un frère, une sœur ou un autre membre de leur entourage.


À retenir


Être aidant proche, ce n’est pas simplement être « gentil » ou rendre occasionnellement service.


C’est apporter régulièrement une aide importante à une personne devenue vulnérable en raison de son état de santé, de son handicap ou de son âge.


En Belgique, il existe désormais :

  • une reconnaissance générale, sans droits sociaux spécifiques ;

  • une reconnaissance avec droits sociaux, soumise à des conditions supplémentaires et pouvant notamment ouvrir l’accès au congé pour aidant proche.


Pour une personne atteinte de fibromyalgie, le diagnostic ne suffit pas à déterminer si un proche pourra obtenir cette deuxième reconnaissance.


Ce sont les conséquences réelles de la maladie sur l’autonomie et le besoin d’aide qui comptent.


Et n’oublions pas l’autre réalité :

certaines personnes atteintes de fibromyalgie sont elles-mêmes aidantes proches.

Elles aussi ont parfois besoin que l’on prenne soin d’elles.


Sources et ressources belges


  • SPF Sécurité sociale Aidant proche : définition, reconnaissance générale et reconnaissance avec droits sociaux.

  • SPF Emploi, Travail et Concertation sociale — nouvelles dispositions applicables au congé pour aidants proches depuis le 1er juillet 2026.

  • ONEM — Congé pour aidants proches, conditions, durées et allocation d’interruption.

  • Aidants Proches ASBL – Wallonie — information et accompagnement des aidants proches.

  • Aidants Proches Bruxelles — information, écoute et accompagnement.

 
 
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