BILAN DU PROGRAMME DE MEDITATION DE PLEINE CONSCIENCE POUR LA DOULEUR CHRONIQUE
- 21 oct. 2024
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 3 jours

J’ai suivi un programme de méditation de pleine conscience pour la gestion de la douleur chronique, d’une durée de huit semaines.
Je dois l’avouer : je n’étais pas particulièrement convaincue au départ.
Et pourtant, cette expérience m’a apporté des outils que j’utilise encore aujourd’hui pour mieux vivre avec la douleur, le stress et les limites imposées par la fibromyalgie.
Ce texte est donc avant tout un témoignage personnel. Ce qui m’aide ne conviendra pas nécessairement à tout le monde et ne remplace évidemment aucune prise en charge médicale.
Revenir simplement à la respiration
L’un de mes premiers apprentissages a été d’observer ma respiration sans chercher à la modifier.
Cela paraît simple.
En pratique, mon esprit partait dans tous les sens et je devais sans cesse ramener mon attention vers le souffle.
Avec le temps, cet exercice est devenu pour moi une manière de créer une petite pause lorsque je sens le stress ou les tensions monter.
Je l’utilise encore aujourd’hui.
Dans une file d’attente.
Dans les embouteillages.
Lorsque les pensées s’accumulent.
Ou simplement quand j’ai besoin de revenir un moment au présent.
La douleur ne disparaît pas miraculeusement.
Mais parfois, elle prend un peu moins toute la place.
Douleur et souffrance : apprendre à ne pas ajouter une couche
Le programme m’a également fait découvrir la distinction entre la douleur elle-même et toute la souffrance supplémentaire que nous pouvons parfois construire autour d’elle.
La douleur est là.
Puis peuvent arriver :
Pourquoi maintenant ?
Je n’en peux plus.
Ça va encore empirer.
Je ne vais jamais y arriver.
J’ai appris à observer davantage ces réactions plutôt que de me laisser automatiquement entraîner par elles.
Cela ne signifie surtout pas que la douleur serait « dans la tête ».
Cela signifie simplement que, pour moi, lutter mentalement en permanence contre ce qui est déjà là me demandait encore davantage d’énergie.
Du « faire » à « être »
J’ai longtemps fonctionné beaucoup dans le faire.
Organiser.
Prévoir.
Résoudre.
Avancer.
Faire encore une chose avant de m’arrêter.
Ce fonctionnement reste évidemment utile dans beaucoup de situations.
Mais la fibromyalgie ne se laisse pas toujours résoudre comme un problème inscrit sur une liste.
La pleine conscience m’a appris, par moments, à simplement être là, sans chercher immédiatement à corriger, maîtriser ou anticiper tout ce que je ressentais.
Je n’y arrive certainement pas toujours.
Mais savoir que cette possibilité existe change déjà quelque chose.
Pleine conscience et mouvement
Petit à petit, cette attention s’est aussi glissée dans mes activités quotidiennes.
Marcher.
Manger.
Effectuer une tâche.
Observer davantage mes gestes et mes sensations m’aide parfois à agir moins automatiquement et à repérer plus tôt le moment où je commence à dépasser mes limites.
Cela rejoint aussi le pacing : fractionner certaines tâches, alterner les activités et prévoir des pauses plutôt que d’attendre d’être complètement épuisée.
Ces pauses ne sont plus seulement pour moi des moments où « je ne fais rien ».
Elles font partie de ma manière de continuer à faire.
Un peu plus de bienveillance envers moi-même
Un autre apprentissage important a été celui de la compassion envers soi.
Avec une maladie chronique, il est facile de devenir son propre juge :
Je devrais pouvoir faire davantage.
Avant, j’y arrivais.
Pourquoi suis-je encore fatiguée ?
Je n’ai pourtant pas fait grand-chose.
J’ai progressivement appris à remplacer certaines de ces critiques par une question plus utile :
« De quoi ai-je besoin maintenant ? »
Pas toujours.
Pas parfaitement.
Mais davantage qu’avant.
Et cela m’aide aussi à accepter certaines limites sans avoir systématiquement l’impression qu’elles définissent toute ma valeur.
Accepter ne signifie pas renoncer
C’est probablement l’un des mots les plus difficiles : acceptation.
Accepter la douleur ne signifie pas l’aimer.
Ni arrêter de chercher des solutions.
Ni considérer que tout est joué.
Pour moi, cela signifie plutôt reconnaître ce qui est présent à cet instant, afin de ne pas consacrer toute mon énergie à lutter contre une réalité que je ne peux pas immédiatement changer.
Et garder cette énergie pour ce sur quoi je peux encore agir.
Mon bilan après huit semaines
Je ne suis pas sortie de ce programme guérie.
La fibromyalgie était toujours là.
Mais j’avais appris une autre manière de me positionner face à certaines sensations, certaines pensées et certains moments difficiles.
J’y ai trouvé :
un outil pour ralentir ;
une manière de mieux observer mes limites ;
davantage de bienveillance envers moi-même ;
des moments de calme ;
et surtout une pratique que je peux utiliser seule lorsque j’en ressens le besoin.
Je continue encore à apprendre.
La pleine conscience n’est pas devenue pour moi une solution à tout.
Elle est devenue un outil parmi d’autres.
Et, alors que j’étais plutôt sceptique au départ, elle a fini par trouver une vraie place dans mon quotidien.
Merci Ronald
Je remercie très sincèrement Ronald Isaac, qui m’a accompagnée dans cette découverte de la pleine conscience.
Pour celles et ceux qui souhaitent découvrir son approche, ses activités et les propositions de méditation à Mons :
Parfois, essayer une nouvelle approche ne change pas la maladie.
Mais cela peut changer un peu la manière dont on traverse certaines journées.
