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CLICKBAIT

10 déc. 2025
5 min de lecture

Dernière mise à jour : 14 sept.


La fibromyalgie est une maladie chronique complexe qui suscite beaucoup de recherches sur Internet et les réseaux sociaux.

Et c’est bien normal.


Quand on vit avec des douleurs, de la fatigue, des troubles du sommeil ou un brouillard cognitif qui compliquent le quotidien, on cherche des réponses.


On cherche aussi parfois LA chose qui pourrait enfin nous aider.

Et c’est précisément là que certains contenus savent très bien nous attraper.


Le clickbait, c’est quoi ?


Le mot anglais clickbait signifie littéralement « appât à clics ».

Son objectif est simple : donner tellement envie de cliquer que l’on ouvre la publication.


Le titre joue souvent sur :

  • la surprise ;

  • la peur ;

  • la colère ;

  • l’espoir ;

  • le secret ;

  • ou la promesse d’une révélation.


Par exemple :

« Les médecins vous cachent la vérité sur la fibromyalgie ! »

« Cette méthode élimine la fibromyalgie en quelques jours ! »

« Les scientifiques viennent enfin de découvrir LA cause de la fibromyalgie ! »


Un titre accrocheur n’est pas automatiquement faux.

Le problème apparaît lorsque le contenu déforme, exagère ou invente l’information simplement pour attirer votre attention.


Pourquoi la fibromyalgie attire-t-elle ce genre de contenus ?


Parce qu’elle réunit plusieurs ingrédients très intéressants pour ceux qui veulent générer des clics.


Une maladie complexe

Les mécanismes de la fibromyalgie sont mieux compris qu’autrefois, mais tout n’est pas encore élucidé.


Cette complexité laisse de la place aux explications simplistes :

« Tout vient de ceci. »

« On a enfin trouvé la cause. »

« Il suffit de supprimer cela pour guérir. »

La réalité scientifique est rarement aussi simple.


Des personnes qui cherchent des solutions

Lorsqu’on vit depuis des années avec une maladie chronique, une promesse d’amélioration peut forcément attirer l’attention.

Cela ne signifie pas que les patients sont naïfs.

Cela signifie simplement qu’un message construit autour de l’espoir touche quelque chose de profondément humain.


Les réseaux sociaux aiment les réactions

Les contenus qui provoquent beaucoup de réactions, de commentaires et de partages gagnent en visibilité.

Un message nuancé comme :

« Une petite étude suggère un résultat intéressant qui devra être confirmé »

attire généralement moins qu’un :

« INCROYABLE : des chercheurs découvrent enfin comment guérir la fibromyalgie ! »

Et pourtant, le premier peut être beaucoup plus fidèle à la réalité scientifique.


Clickbait, mésinformation et désinformation : ce n’est pas exactement la même chose


Il est utile de faire la différence.


Le clickbait cherche avant tout à provoquer le clic.


La mésinformation correspond à une information fausse ou inexacte qui peut être partagée sans intention de tromper.

Quelqu’un peut ainsi relayer de bonne foi une publication qu’il pense exacte.


La désinformation, elle, correspond à une information fausse ou manipulée diffusée volontairement pour tromper.

Dans le domaine de la santé, l’objectif peut parfois être très concret :

vous vendre quelque chose.


Quelques signaux qui doivent attirer votre attention


Méfiez-vous notamment lorsque vous voyez :

  • une guérison garantie ;

  • une solution valable pour « tous les fibromyalgiques » ;

  • une « cause unique » présentée comme définitivement prouvée ;

  • un secret que « les médecins ne veulent pas que vous connaissiez » ;

  • un témoignage utilisé comme unique preuve d'efficacité ;

  • une publication affirmant qu'« une étude scientifique prouve que… » sans donner la référence de l'étude ;

  • une blouse blanche, un graphique ou des mots scientifiques utilisés sans source identifiable ;

  • un contenu qui finit systématiquement par la vente d’un produit, d’un complément, d’un appareil ou d’une formation.


Le fait qu’une personne vende quelque chose ne signifie pas automatiquement que ce qu’elle dit est faux.

Mais cela constitue une information importante à connaître pour évaluer son discours.


« Une étude prouve que… »


C’est probablement l’une des phrases que nous rencontrons le plus souvent.

Mais toutes les études ne permettent pas de tirer les mêmes conclusions.


Il faut notamment regarder :

  • combien de personnes ont participé ;

  • s’il existe un groupe de comparaison ;

  • ce qui a réellement été mesuré ;

  • si les résultats ont été reproduits ;

  • et surtout si la conclusion de la publication correspond réellement à ce que raconte le titre Facebook.


Une étude intéressante peut ouvrir une piste.

Elle ne devient pas automatiquement une preuve définitive.


Le témoignage n’est pas une preuve scientifique


Le témoignage d’une personne a de la valeur.

Il raconte son expérience.

Quelqu’un peut parfaitement dire :

« Cela m’a aidé. »

Ce qu’on ne peut pas en déduire automatiquement, c’est :

« Cela soigne la fibromyalgie. »

Entre les deux, il y a une différence importante.


Chez MY FIBRO, nous accordons beaucoup de valeur au savoir expérientiel des patients.

Mais nous essayons aussi de distinguer :

ce que quelqu’un a vécu, ce que les professionnels observent et ce que la recherche permet réellement d’affirmer.


Avant de partager : cinq petites questions


Lorsqu’une information de santé vous interpelle, prenez quelques secondes.


Demandez-vous :

Qui parle ? L’auteur est-il identifiable ?

Quelle est la source ? Une étude, une recommandation ou un organisme est-il réellement cité ?

Puis-je retrouver cette source ? Un lien vers une étude vaut mieux qu’un simple « les scientifiques ont prouvé que ».

Que dit réellement la source ? Le titre raconte-t-il la même chose que l’étude ?

Est-ce qu’on essaie de me faire acheter quelque chose ? Cette dernière question ne suffit pas à juger la qualité d’une information, mais elle mérite d’être posée.


Et les associations de patients ?


Une association de patients n’est pas automatiquement une source scientifique simplement parce qu’elle représente des malades.

MY FIBRO non plus.


C’est pourquoi nous essayons, lorsque nous publions des informations médicales ou scientifiques, de rechercher leur origine et de citer nos sources.

Notre rôle n’est pas de produire la science.

Il est notamment de la chercher, la comprendre, la vulgariser et la replacer dans la réalité vécue par les patients, avec les limites que cela implique.


L’émotion : un petit voyant rouge utile


Si une publication provoque immédiatement chez vous :

« Incroyable ! »

« Enfin ! »

« C’est scandaleux ! »

« Pourquoi personne ne nous l’a dit ? »

ne culpabilisez pas.

C’est peut-être précisément l’effet recherché.


Mais avant de cliquer sur « partager », cela peut être un bon moment pour faire une petite pause et chercher la source.


À retenir


Sur Internet, le problème n’est pas de cliquer.

Nous cliquons tous.


Le problème est de confondre ce qui attire notre attention avec ce qui mérite notre confiance.


Face à une information concernant la fibromyalgie :

lisez au-delà du titre, cherchez la source, vérifiez ce qu’elle dit réellement et gardez une petite place pour le doute.


En science, les phrases les plus fiables commencent parfois simplement par :

« À ce stade, voici ce que nous savons. »

Et c’est déjà beaucoup.

 
 
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