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HYDROTHERAPIE

  • il y a 12 heures
  • 7 min de lecture

Quand bouger « à sec » devient difficile ou douloureux, l’eau peut parfois changer beaucoup de choses.


Dans une piscine, le corps est porté. Les mouvements peuvent sembler plus faciles, les articulations et les muscles subissent moins la pesanteur et, lorsque l’eau est agréablement chauffée, elle peut aussi favoriser le relâchement.


Pour certaines personnes atteintes de fibromyalgie, bouger dans l’eau constitue ainsi une manière plus confortable de reprendre une activité physique, de retrouver confiance dans leurs capacités ou simplement de se faire du bien.


Qu’est-ce que l’hydrothérapie ?


Le mot hydrothérapie peut désigner différentes utilisations thérapeutiques de l’eau.

Dans le cadre de la fibromyalgie et de la réadaptation, on parle surtout d’exercices et de mouvements réalisés dans l’eau, parfois avec un kinésithérapeute.

On parle également de kinésithérapie en piscine, de thérapie aquatique ou d’exercice aquatique.


La balnéothérapie est un terme plus large qui désigne des soins réalisés par immersion dans l’eau. Le thermalisme, que nous abordons dans un autre article, utilise quant à lui des eaux minérales naturelles provenant de sources thermales.


Enfin, l’aquagym est une activité physique collective pratiquée dans l’eau. Elle peut être très intéressante, mais elle n’est pas nécessairement thérapeutique ni encadrée par un kinésithérapeute.


Pourquoi est-ce intéressant dans la fibromyalgie ?


L’un des principaux avantages de l’eau est la flottabilité.


Le corps étant en partie porté, certains mouvements deviennent plus accessibles. Marcher, mobiliser les épaules, lever les jambes, effectuer de petits exercices de renforcement ou travailler l’endurance peut demander moins d’effort mécanique que sur la terre ferme.


L’eau exerce également une résistance douce dans toutes les directions. On peut donc travailler les muscles sans forcément utiliser de poids ou de machines.


Lorsque l’eau est chauffée, elle peut en plus procurer une sensation de détente et contribuer à diminuer temporairement certaines raideurs ou tensions.


Mais il existe aussi un bénéfice moins visible : retrouver confiance dans le mouvement.


Après des mois ou des années de douleur, on peut finir par redouter certains gestes ou éviter progressivement l’activité. Dans l’eau, certaines personnes découvrent qu’elles peuvent à nouveau réaliser des mouvements qu’elles n’osaient plus faire ailleurs.


Le Grand Hôpital de Charleroi décrit d’ailleurs l’hydrothérapie comme permettant notamment la rééducation par le mouvement dans l’eau, l’antalgie, le réentraînement progressif à l’effort et le travail sur la peur du mouvement.


Que peut-on en attendre ?


Les recherches consacrées aux exercices aquatiques dans la fibromyalgie sont globalement encourageantes.


Elles montrent notamment des améliorations possibles de la douleur, des capacités physiques, du retentissement de la fibromyalgie et de la qualité de vie. Certaines études observent également un intérêt pour le sommeil ou la fatigue.


Une étude espagnole publiée en 2024 a par exemple comparé un programme d’exercices aquatiques à un programme réalisé à sec. Les deux approches amélioraient la douleur, ce qui rappelle un point essentiel : l’eau n’est pas forcément « meilleure » que l’exercice à terre pour tout le monde ; elle constitue surtout une autre façon de bouger, qui peut être beaucoup plus agréable ou accessible pour certaines personnes.


C’est probablement ainsi qu’il faut l’envisager : non comme une technique miracle, mais comme une porte d’entrée possible vers le mouvement.


Faut-il une piscine très chaude ?


Pas nécessairement.


Une eau agréablement chauffée est souvent appréciée dans la fibromyalgie, mais plus chaud ne signifie pas automatiquement plus efficace.


Une température excessive peut au contraire augmenter la fatigue ou provoquer un malaise chez certaines personnes. Les travaux consacrés à l’exercice aquatique montrent d’ailleurs que différentes températures ont été utilisées avec succès.

L’important est surtout que la température permette de bouger confortablement sans sortir de la séance complètement épuisé.


En Belgique, l’hydrothérapie existe aussi dans certains parcours de soins


On pense parfois que la piscine relève uniquement du sport ou du bien-être.


Pourtant, certains services hospitaliers belges de médecine physique, de réadaptation ou de prise en charge de la douleur utilisent réellement l’eau dans leurs programmes thérapeutiques.


Au Grand Hôpital de Charleroi – Les Viviers, le centre de réadaptation dispose d’une piscine avec sol réglable et propose de l’hydrothérapie. Le Centre multidisciplinaire de traitement de la douleur chronique du même hôpital prend notamment en charge la fibromyalgie et inclut de l’aquagym dans ses activités de remise en mouvement.


À l’Hôpital de La Louvière – site Jolimont (CHU HELORA), le programme de kinésithérapie destiné aux personnes atteintes de fibromyalgie comprend des séances en groupe associant gymnastique globale, physiothérapie et balnéothérapie.


À EpiCURA Ath, la Clinique de la douleur prend également en charge le syndrome fibromyalgique et travaille avec une équipe comprenant des kinésithérapeutes. Les modalités concrètes du programme doivent être demandées au service, car elles ne sont pas détaillées sur le site public.


Tous les centres de la douleur ne disposent cependant pas d’une piscine et l’accès à ce type de programme dépend du bilan, des infrastructures et des indications retenues par l’équipe.


Et le remboursement de la kinésithérapie en Belgique ?


C’est un point particulièrement important pour les personnes atteintes de fibromyalgie.


La fibromyalgie fait partie des situations pouvant donner accès au régime de kinésithérapie « Fb », réservé aux pathologies nécessitant un traitement régulier sur une longue période.


Sous les conditions prévues par l’INAMI, une personne atteinte de fibromyalgie peut bénéficier de jusqu’à 60 séances par année civile au meilleur taux de remboursement, avec possibilité de renouvellement lorsque l’état de santé le nécessite. Le diagnostic doit notamment répondre aux conditions de la nomenclature et avoir été établi par un spécialiste en rhumatologie, médecine physique et réadaptation, neurologie ou médecine interne.


Cela ne signifie pas que toute séance en piscine est automatiquement remboursée.

Lorsque l’hydrothérapie est intégrée à une véritable prise en charge de kinésithérapie ou de réadaptation répondant aux conditions de remboursement, elle peut s’inscrire dans ce cadre. Les modalités dépendent cependant du programme, du lieu et de la manière dont les prestations sont organisées.

Il vaut donc mieux demander directement au service ou au kinésithérapeute :

« Ces séances en piscine sont-elles considérées comme des séances de kinésithérapie remboursables dans mon dossier ? »


Et si je veux simplement aller à la piscine ?


Tout le monde n’a pas accès à un programme hospitalier, et il n’est pas toujours nécessaire d’en avoir besoin.


Une piscine publique, une séance d’aquagym douce ou simplement quelques mouvements dans l’eau peuvent aussi permettre de profiter de cet environnement.


Certaines piscines disposent en plus de bassins plus chauds ou d’espaces de détente.

En Belgique, par exemple, LAGO Mons dispose d’une lagune chauffée à environ 34 °C et d’un espace avec jacuzzi, hammam et saunas. Sportoase Champ de la Lune à Braine-le-Comte possède des bassins à environ 30–31,5 °C, des activités d’aquagym ainsi qu’un sauna et un hammam.

Ces espaces ne remplacent évidemment pas une kinésithérapie lorsqu’elle est nécessaire. Mais ils peuvent constituer une manière agréable de continuer à bouger et de prendre soin de soi.


Pensez à votre mutualité


En Belgique, plusieurs mutualités interviennent financièrement dans la pratique sportive, et la piscine peut entrer dans ces avantages complémentaires.


En 2026, Partenamut prévoit par exemple jusqu’à 50 € par an pour un abonnement sportif et/ou à la piscine. La Mutualité chrétienne prévoit également jusqu’à 50 € par an pour les adultes pour une pratique sportive régulière répondant à ses conditions. Solidaris Wallonie intervient également dans certains frais d’inscription sportive. Les montants et conditions pouvant évoluer, il est préférable de vérifier auprès de sa propre mutualité.


Comment commencer ?

L’eau peut donner l’impression que tout est devenu facile… et c’est parfois là que l’on en fait trop.


Pour débuter, mieux vaut privilégier une séance courte, quelques mouvements simples et une intensité confortable. La réaction dans les heures et le lendemain de la séance est souvent plus instructive que la sensation ressentie pendant l’activité.


On peut progressivement expérimenter : marcher dans l’eau, mobiliser doucement les articulations, travailler un peu l’équilibre ou réaliser quelques exercices conseillés par un kinésithérapeute.


L’objectif n’est pas de sortir de la piscine en ayant « bien travaillé ».

Il est plutôt de trouver une quantité de mouvement que l’on pourra reproduire régulièrement sans provoquer un contrecoup disproportionné.


Hydrothérapie ou aquagym ?


Les deux peuvent avoir leur place.


La kinésithérapie en piscine est individualisée ou intégrée à un programme thérapeutique et encadrée par un professionnel qui tient compte des difficultés de la personne.


L’aquagym est davantage une activité sportive collective. Certaines séances sont douces et parfaitement accessibles ; d’autres peuvent être beaucoup plus dynamiques.


Lorsque l’on débute avec une fibromyalgie importante ou après une longue période d’inactivité, un encadrement thérapeutique ou adapté peut être rassurant avant de rejoindre ensuite une activité plus autonome.


Et le jacuzzi, le sauna ou le hammam ?


Ils ne constituent pas de l’hydrothérapie au sens de la réadaptation.


Mais certaines personnes apprécient leur effet relaxant et la chaleur peut apporter un confort temporaire.

Là encore, chacun réagit différemment. Une chaleur intense ou prolongée peut provoquer fatigue, baisse de tension ou sensation de malaise.


Ils peuvent donc être considérés comme un complément de bien-être, et non comme une obligation après chaque séance de piscine.


À retenir


L’hydrothérapie permet de bouger dans l’eau dans un environnement souvent plus confortable.


Pour certaines personnes atteintes de fibromyalgie, la flottabilité, la chaleur et la résistance douce de l’eau peuvent faciliter le mouvement, diminuer certaines tensions et aider à reprendre progressivement une activité physique.


Les recherches sur l’exercice aquatique sont encourageantes, sans montrer qu’il serait nécessairement supérieur à l’exercice à terre pour tout le monde. Son grand intérêt est surtout de proposer une autre manière de bouger.


En Belgique, l’hydrothérapie est déjà utilisée dans certains services de médecine physique, de réadaptation et de douleur chronique. La fibromyalgie peut par ailleurs bénéficier, sous certaines conditions, du régime de kinésithérapie Fb prévu par l’INAMI.


Et lorsqu’une prise en charge médicale en piscine n’est pas accessible ou nécessaire, une piscine suffisamment confortable, de l’aquagym adaptée ou simplement quelques mouvements dans l’eau peuvent déjà constituer de belles pistes.


Le meilleur environnement est finalement celui qui permet de retrouver du mouvement sans faire de son corps un adversaire.


Sources


INAMI – Belgique. Nomenclature de la kinésithérapie et conditions de prise en charge des patients atteints de fibromyalgie dans la catégorie Fb.

Grand Hôpital de Charleroi – Belgique. Centre de réadaptation et Centre multidisciplinaire de traitement de la douleur chronique : hydrothérapie, piscine de rééducation, aquagym et prise en charge de la fibromyalgie.

CHU HELORA – Hôpital de La Louvière, site Jolimont. Kinésithérapie : programme fibromyalgie comprenant notamment de la balnéothérapie.

EpiCURA – Ath. Clinique de la douleur / Algologie : prise en charge multidisciplinaire du syndrome fibromyalgique.

Inserm – France. Expertise collective consacrée à la fibromyalgie : exercices en milieu aquatique et activité physique.

Seoane-Pillado M.T. et al. – Espagne, 2024. Essai randomisé comparant thérapie aquatique et exercices à sec chez des femmes atteintes de fibromyalgie.

 
 
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