INVALIDITE ET RETOUR AU TRAVAIL
- il y a 2 jours
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Selon Solidaris, 1 malade de longue durée sur 5 reprend le travail.
Une étude récente relayée par la presse indique qu’en Belgique, près d’un malade de longue durée sur cinq poursuit ou reprend une activité professionnelle, souvent à temps partiel. Sur plus de 500 000 personnes en incapacité de travail, environ 20 % maintiennent un lien avec l’emploi.
Sur le papier, le chiffre semble positif. Il traduirait une volonté de rester actif et de préserver une place dans la société.
Mais derrière cette statistique se cache une réalité bien plus nuancée — et souvent douloureuse — pour les personnes atteintes de maladies chroniques comme la fibromyalgie et d’autres handicaps invisibles.
Une autre réalité : perte d’invalidité et absence de solutions adaptées
À MY FIBRO, nous recevons de très nombreux témoignages de personnes désespérées :
Invalidité retirée après réévaluation administrative
Incapacité réelle à tenir un rythme de travail, même à temps partiel
Tentatives de reprise soldées par un échec physique ou psychologique
Absence totale d’emploi réellement adapté aux limitations
Beaucoup nous confient :
« On me considère apte au travail sur le papier, mais dans la réalité personne ne veut embaucher quelqu’un qui ne peut pas garantir sa présence constante. »
D’autres expliquent avoir essayé, au prix d’aggravations de leur état de santé, avant de devoir renoncer.
Le retour au travail ne peut pas être réduit à une équation statistique. Il dépend :
de la variabilité des symptômes (douleurs, fatigue chronique, troubles cognitifs)
de la compréhension réelle des limitations
de l’existence concrète d’aménagements adaptés
et d’un environnement humain bienveillant
Le problème majeur : la discrimination et le harcèlement autour des aménagements
Même lorsque des aménagements sont mis en place (temps partiel médical, horaires adaptés, télétravail, tâches allégées), de nombreuses personnes rapportent :
Des remarques déplacées de collègues
Des soupçons d’abus ou de « simulation »
Une mise à l’écart progressive
Des pressions implicites de la hiérarchie
Un harcèlement moral lié à la perception d’un « privilège »
Les maladies comme la fibromyalgie sont invisibles. Et ce qui est invisible est souvent minimisé. Sans véritable sensibilisation aux handicaps invisibles, les aménagements deviennent parfois un facteur de stigmatisation plutôt qu’un outil d’inclusion.
MY FIBRO s’engage dans le dialogue institutionnel
Face à cette situation, MY FIBRO ne reste pas silencieuse.
Nous avons plusieurs rendez-vous programmés avec l’AViQ, afin de porter la voix des patients et de partager les réalités du terrain.
Nous participerons également à un groupe de travail coordonné par la LUSS, pour contribuer à une réflexion collective sur :
Les parcours de réintégration
Les critères d’évaluation de l’incapacité
Les aménagements raisonnables
Les mécanismes de protection contre la discrimination
L’accompagnement des personnes dont l’invalidité a été supprimée
etc
Notre objectif est clair : remettre l’humain au centre des politiques de réintégration.
Le vrai enjeu : adapter le système, pas forcer les corps
Oui, certaines personnes en incapacité souhaitent et peuvent retravailler.
Mais d’autres en sont incapables — et ce n’est ni un manque de volonté ni un défaut d’effort.
La pression politique actuelle met l’accent sur la diminution du nombre de malades de longue durée. Or, la question devrait être :
Le travail est-il réellement adapté ?
Les employeurs sont-ils formés aux handicaps invisibles ?
Les collègues sont-ils sensibilisés ?
Les contrôles tiennent-ils compte de la réalité fluctuante des maladies chroniques ?
Existe-t-il un filet de sécurité suffisant pour ceux qui ne peuvent réellement pas travailler ?
Ce que nous demandons
Une véritable politique de sensibilisation aux maladies et handicaps invisibles
Une protection renforcée contre la discrimination et le harcèlement
Des aménagements raisonnables réellement appliqués et respectés
Un accompagnement individualisé et humain
Une évaluation médicale qui tient compte de la variabilité des symptômes
Une écoute active des associations de patients
Les chiffres peuvent rassurer. Les statistiques peuvent donner l’impression d’un système efficace. Mais derrière chaque pourcentage se trouve une personne.
Et pour beaucoup d’entre elles, le parcours est semé d’obstacles administratifs, de pressions sociales et de souffrance invisible.
MY FIBRO continuera à porter ces voix auprès des institutions, afin que le retour au travail ne devienne jamais une source supplémentaire d’injustice pour les malades chroniques.
