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LES ACCORDS TOLTEQUES

  • 28 mars 2025
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 15 heures


La fibromyalgie bouleverse parfois bien plus que le corps.


Douleur, fatigue, sommeil perturbé, limitations, incompréhension de l’entourage, changements professionnels ou familiaux… peuvent modifier notre manière de nous regarder et de réagir à ce qui nous arrive.


Dans ces moments, certaines philosophies ou approches de développement personnel peuvent offrir des repères pour prendre du recul ou réfléchir autrement à certaines situations.


Les Accords Toltèques, popularisés par l’auteur mexicain Don Miguel Ruiz, font partie de ces outils.


D’où viennent les Accords Toltèques ?


Dans son livre Les Quatre Accords Toltèques, publié en 1997, Miguel Ruiz propose quatre principes qu’il présente comme inspirés d’une sagesse toltèque.

Un cinquième accord sera ensuite développé avec son fils, Don José Ruiz.


Il faut néanmoins apporter une précision importante.

Les Accords Toltèques tels que nous les connaissons aujourd’hui sont avant tout une proposition contemporaine de développement personnel élaborée par Miguel Ruiz.

Leur rattachement direct aux enseignements de la civilisation toltèque historique n’est pas établi par les connaissances historiques ou archéologiques disponibles.


Cela n’empêche pas de trouver certains de ces principes intéressants.

Mais il est préférable de les considérer pour ce qu’ils peuvent apporter aujourd’hui, plutôt que de leur attribuer une ancienneté ou une autorité historique qui ne peut être démontrée.


1. « Que votre parole soit impeccable »


Cet accord invite à porter attention aux mots que nous utilisons envers les autres…

mais aussi envers nous-mêmes.


Avec la fibromyalgie, notre dialogue intérieur peut parfois devenir très dur :

« Je ne suis plus bonne à rien. »

« Je devrais pouvoir en faire davantage. »

« Je suis un poids pour les autres. »

« Je n’ai encore rien réussi aujourd’hui. »


Ces pensées peuvent apparaître lorsque nos capacités changent.

Mais avoir des limitations ne signifie pas perdre notre valeur.


Une parole plus juste envers soi-même pourrait être :

« Aujourd’hui, mes possibilités sont limitées. »

ou :

« J’ai fait ce que mon corps me permettait de faire. »


Il ne s’agit pas de se convaincre que tout va bien.

Il s’agit de ne pas ajouter inutilement le jugement à la difficulté déjà présente.

Cela rejoint notamment ce que nous avons abordé dans ESTIME DE SOI et COMPASSION.


2. « N’en faites pas une affaire personnelle »


Lorsqu’on vit avec une maladie invisible, certaines remarques peuvent être particulièrement douloureuses :

« Tu as pourtant bonne mine. »

« Tout le monde est fatigué. »

« Si tu bougeais davantage, ça irait mieux. »

« Tu devrais essayer de penser moins à ta maladie. »


Il peut être utile de se rappeler que ces paroles reflètent parfois les connaissances, les croyances ou les limites de compréhension de la personne qui les prononce.


Mais attention :

ne pas tout prendre personnellement ne signifie pas accepter l’inacceptable.

Une remarque blessante reste blessante.

Un comportement irrespectueux peut nécessiter de poser une limite.

Une discrimination ou une atteinte à nos droits ne doit pas être simplement relativisée au nom du détachement.


L’idée intéressante est plutôt de distinguer :

ce qui appartient au regard de l’autre

et

ce qui définit réellement qui je suis.

Les deux ne sont pas forcément identiques.


3. « Ne faites pas de suppositions »


La fibromyalgie peut créer beaucoup de malentendus.


Nous pouvons penser :

« Ils doivent croire que j’exagère. »

« Elle doit être fâchée parce que j’ai encore annulé. »

« Mon médecin pense sûrement que tout cela est psychologique. »

Parfois, notre intuition est juste.

Parfois, elle ne l’est pas.


Et lorsque cela est possible, poser une question peut être plus utile que construire tout un scénario dans notre tête.

« Est-ce que mon annulation t’a dérangé ? »

« Est-ce que j’ai bien compris ce que vous vouliez dire ? »

« Pouvez-vous m’expliquer pourquoi vous me proposez cette prise en charge ? »

Cela rejoint directement ce que nous avons vu dans LA COMMUNICATION NON VIOLENTE.


Mais, là encore, il faut rester réaliste.

Certaines situations sont ambiguës.

Certaines personnes ne répondent pas clairement.

Et nous ne pouvons pas supprimer toutes les incertitudes de nos relations.

L’objectif n’est donc pas de ne jamais faire d’hypothèse, mais d’éviter de traiter automatiquement nos suppositions comme des faits.


4. « Faites toujours de votre mieux »


C’est probablement l’accord qui peut le plus résonner lorsqu’on vit avec la fibromyalgie.

À condition de bien comprendre ce que signifie « votre mieux ».


Notre mieux n’est pas identique chaque jour.

Un jour, il peut être de faire une promenade.

Un autre, de préparer un repas.

Et certains jours, il peut simplement être de prendre une douche, de répondre à un message ou de respecter le besoin de repos de notre corps.


Faire de son mieux ne signifie pas faire le maximum.

Cette distinction est essentielle.

Chercher constamment à atteindre notre maximum peut conduire à dépasser nos capacités.


Faire de son mieux peut au contraire signifier adapter ce que nous faisons aux ressources réellement disponibles aujourd’hui.

Cela rejoint les principes que nous avons abordés dans OBJECTIF, notamment l’idée qu’un objectif doit pouvoir être révisé lorsque notre état change.

Notre mieux de lundi n’est peut-être pas notre mieux de mardi.

Et ce n’est pas un échec.


5. « Soyez sceptique, mais apprenez à écouter »


Ce cinquième accord, développé plus tard par Miguel Ruiz et son fils Don José Ruiz, me paraît particulièrement intéressant dans le domaine de la santé.

Écouter ne signifie pas croire automatiquement.


Lorsque l’on vit avec une fibromyalgie, on reçoit parfois énormément de conseils :

« Essaie ce complément. »

« Cette personne a guéri grâce à cette méthode. »

« Ce régime règle l’inflammation. »

« Il faut absolument supprimer tel aliment. »

« Ce traitement marche chez tout le monde. »


Certaines informations peuvent être utiles.

D’autres reposent essentiellement sur des témoignages, des extrapolations ou des arguments commerciaux.

Être sceptique signifie pouvoir se demander :

Quelle est la source ?

Existe-t-il des données sérieuses ?

Est-ce une hypothèse ou quelque chose de démontré ?

Est-ce adapté à ma situation ?


Mais le scepticisme ne signifie pas non plus rejeter systématiquement ce que nous ne connaissons pas.

On peut écouter, examiner, questionner… puis décider.

C’est d’ailleurs exactement la manière dont MY FIBRO souhaite aborder les informations proposées sur ce site.


Ce que ces accords ne doivent pas devenir


Comme beaucoup de principes de développement personnel, les Accords Toltèques peuvent devenir problématiques lorsqu’ils sont transformés en injonctions.


« Si tu souffres des paroles des autres, c’est parce que tu prends tout personnellement. »

« Si tu es épuisée, tu n’as probablement pas fait ton mieux correctement. »

« Si tu es en conflit avec quelqu’un, c’est que ta parole n’était pas impeccable. »

Ce serait passer complètement à côté de leur intérêt.


Nous ne contrôlons pas tout.

Nous ne contrôlons ni la maladie, ni toutes nos émotions, ni la manière dont les autres se comportent.

Et nous ne sommes pas responsables à nous seuls de la qualité de toutes nos relations.


Ces principes peuvent éventuellement nous aider à réfléchir à notre propre marge de manœuvre.

Pas à nous rendre responsables de ce qui ne dépend pas de nous.


Une philosophie de vie, pas un traitement


Les Accords Toltèques ne constituent ni une psychothérapie validée, ni un traitement de la fibromyalgie.


Les recommandations actuelles concernant la fibromyalgie s’appuient sur des approches dont l’évaluation scientifique est différente : activité physique adaptée, éducation, interventions psychologiques structurées lorsque cela est pertinent, prise en charge des troubles associés, etc.


Les Accords Toltèques appartiennent plutôt au domaine du développement personnel et de la réflexion philosophique.

Cela ne les rend pas inutiles.

Une idée peut nous accompagner sans être un traitement.

Un livre peut nous aider à prendre du recul sans constituer une intervention médicale.

L’important est simplement de ne pas confondre les deux niveaux.


À retenir


Les Accords Toltèques proposent quelques repères simples :

faire attention à la manière dont nous utilisons les mots ;

ne pas laisser le regard des autres définir entièrement qui nous sommes ;

distinguer nos suppositions des faits ;

faire de notre mieux en tenant compte de nos possibilités réelles ;

et

écouter tout en conservant notre esprit critique.


Avec la fibromyalgie, certaines de ces idées peuvent aider à prendre du recul face à des situations difficiles.

Mais elles ne doivent jamais devenir de nouvelles obligations.


Peut-être peut-on simplement les considérer comme des invitations à réfléchir.

Prendre ce qui nous aide.

Laisser ce qui ne nous convient pas.

Et continuer à construire notre propre manière de vivre avec la maladie.


Sources


  • Ruiz M. Les Quatre Accords Toltèques. La voie de la liberté personnelle. Éditions Jouvence. Édition originale anglaise : The Four Agreements, 1997.

  • Ruiz M., Ruiz J. Le Cinquième Accord Toltèque. La voie de la maîtrise de soi. Guy Trédaniel Éditeur.

  • Haute Autorité de santé (HAS). – Fibromyalgie de l’adulte : conduite diagnostique et stratégie thérapeutique, 2025. Recommandations concernant notamment l’éducation, l’activité physique et les interventions psychologiques adaptées aux besoins du patient.

 
 
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