MEDITATION ET PACING
Dernière mise à jour : 2 sept.

Dans un village vivaient deux bûcherons.
L’un, jeune et vigoureux, travaillait sans relâche.
L’autre, plus âgé, s’arrêtait régulièrement pendant quelques minutes.
À la fin de la journée, surprise : c’est le plus âgé qui avait coupé le plus de bois.
Le jeune homme lui demanda comment il avait pu gagner alors qu’il s’était arrêté si souvent.
Sa réponse fut simple :
« Pendant mes pauses, j’affûtais ma hache. »
Cette petite histoire, que l’on retrouve sous différentes formes, m’a fait penser à deux outils dont nous parlons souvent chez MY FIBRO : le pacing et la pleine conscience.
Non pas comme une démonstration scientifique.
Mais comme une image qui invite à réfléchir.
S’arrêter n’est pas forcément perdre du temps
Lorsque l’on vit avec une fibromyalgie, il peut être tentant de profiter d’une journée un peu meilleure pour faire le plus de choses possible.
Continuer.
Encore un peu.
Finir cette tâche.
Puis la suivante.
Jusqu’au moment où le corps rappelle brutalement qu’il avait, lui aussi, son mot à dire.
Le pacing invite justement à mieux répartir les activités et les temps de récupération afin d’éviter, autant que possible, l’alternance entre suractivité et épuisement.
Dans l’histoire du bûcheron, la pause n’est donc pas du temps perdu.
Elle lui permet de continuer avec un outil qui fonctionne mieux.
Avec une maladie chronique, nos pauses peuvent parfois jouer un rôle comparable :
elles ne nous empêchent pas nécessairement d’avancer ; elles peuvent nous aider à pouvoir continuer.
Et si l’on profitait aussi de la pause ?
Une pause peut simplement servir à se reposer.
Et c’est déjà très bien.
Mais elle peut aussi devenir un moment où l’on porte davantage attention à ce qui se passe :
Comment est mon corps ?
Suis-je en train de me crisper ?
Ai-je besoin de ralentir ?
Est-ce que je continue parce que cela me convient… ou simplement parce que je veux absolument terminer ?
C’est là que la pleine conscience peut rejoindre le pacing.
Elle consiste à porter volontairement attention à l’expérience présente, autant que possible sans la juger immédiatement.
Pas pour analyser chaque sensation.
Pas pour faire disparaître la douleur.
Mais parfois simplement pour remarquer plus tôt ce qui est en train de se passer.
Une pause ne doit pas devenir une performance
Il serait dommage de transformer aussi le repos en nouvelle obligation.
Il ne faut pas nécessairement méditer pendant chaque pause.
Ni respirer parfaitement.
Ni « être dans l’instant présent ».
Parfois, on a seulement besoin de s’asseoir.
De fermer les yeux.
De boire quelque chose.
D’écouter de la musique.
Ou de ne rien faire du tout.
Une pause n’a pas besoin d’être productive pour être utile.
Et c’est peut-être là que l’histoire du bûcheron atteint aussi ses limites : nous ne sommes pas des travailleurs dont la seule mission serait d’être plus performants après chaque repos.
Avec la fibromyalgie, préserver son énergie peut aussi servir à garder une place pour ce qui nous fait plaisir, et pas uniquement pour accomplir davantage de tâches.
Pacing et pleine conscience : deux outils différents
Les deux approches peuvent se rencontrer, mais elles ne sont pas identiques.
Le pacing concerne surtout la manière de répartir et d’adapter ses activités.
La pleine conscience concerne davantage la manière de porter attention à ce que l’on vit.
Certaines personnes trouveront les deux utiles.
D’autres préféreront l’une ou l’autre.
👉 Pour aller plus loin, consultez nos articles consacrés au PACING et à la PLEINE CONSCIENCE, où nous expliquons plus précisément ce que les recherches permettent d’en attendre.
Affûter sa hache… ou simplement la poser
J’aime toujours cette histoire du vieux bûcheron.
Parce qu’elle rappelle quelque chose que l’on oublie facilement :
s’arrêter ne signifie pas forcément renoncer.
Parfois, la pause permet de continuer.
Parfois, elle permet de repartir autrement.
Et parfois…
poser la hache quelque temps est simplement ce dont nous avons besoin.
Source
Ce texte est inspiré notamment de :
Burch V., Penman D. Soulager la douleur avec la pleine conscience. De Boeck Supérieur.
