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ONDES ALPHA

  • il y a 3 minutes
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Fibromyalgie et ondes alpha : une étude met en évidence une réactivité cérébrale différente


Une nouvelle étude publiée le 15 juillet 2026 dans la revue scientifique Clinical EEG and Neuroscience apporte des données intéressantes sur le fonctionnement cérébral des personnes atteintes de fibromyalgie.


À l’aide d’un électroencéphalogramme, ou EEG, les chercheurs ont observé une réactivité réduite des ondes alpha chez les participants atteints de fibromyalgie. Ce résultat contribue à mieux comprendre les mécanismes neurophysiologiques associés à la maladie, mais il doit être interprété avec prudence : il ne constitue pas encore un test diagnostique et ne permet pas, à lui seul, d’expliquer l’origine de la fibromyalgie.


Quel était l’objectif de cette recherche ?


Les chercheurs souhaitaient comparer l’activité électrique du cerveau de trois groupes :

  • 19 personnes atteintes de fibromyalgie ;

  • 21 personnes présentant certains facteurs associés à un risque accru de développer des douleurs chroniques diffuses ;

  • 17 personnes en bonne santé, sans douleur chronique.


Les personnes appartenant au groupe dit « à risque » présentaient notamment des douleurs qui n’étaient pas encore généralisées, ainsi que différents facteurs comme des troubles du sommeil ou plusieurs symptômes somatiques. Cela ne signifie pas qu’elles développeront nécessairement une fibromyalgie : seules des études qui suivent les participants pendant plusieurs années permettraient de le déterminer.


L’étude était observationnelle et transversale. Autrement dit, elle a comparé les participants à un moment précis, sans pouvoir établir comment leur état ou leur activité cérébrale évolueront dans le temps.


Que sont les ondes alpha ?


L’EEG enregistre l’activité électrique produite par le cerveau. Cette activité peut être répartie en différentes bandes de fréquences, parmi lesquelles les ondes alpha, situées approximativement entre 8 et 12 hertz.


Lorsque nous sommes éveillés et détendus, les yeux fermés, l’activité alpha augmente généralement. Lorsque nous ouvrons les yeux, elle diminue, car le cerveau doit traiter davantage d’informations visuelles.


La différence entre l’activité enregistrée les yeux fermés et celle observée les yeux ouverts est appelée la réactivité alpha. Elle donne une indication sur la manière dont le cerveau adapte son activité lorsqu’il passe d’un état de repos à un état de plus grande sollicitation sensorielle.


Dans cette étude, chaque participant a été enregistré pendant six minutes les yeux ouverts et six minutes les yeux fermés.


Qu’ont observé les chercheurs ?


La réactivité alpha était globalement moins importante chez les personnes atteintes de fibromyalgie que chez les participants en bonne santé.


Les analyses ont également mis en évidence une différence dans plusieurs zones du cuir chevelu, avec un résultat particulièrement marqué dans une région frontale droite. Dans cette région, les groupes en bonne santé et « à risque » présentaient une nette augmentation de l’activité alpha lorsqu’ils fermaient les yeux, contrairement au groupe atteint de fibromyalgie, chez lequel cette réaction était beaucoup plus faible.


Le groupe présentant des facteurs de risque ressemblait donc davantage au groupe en bonne santé qu’au groupe atteint de fibromyalgie. Ce résultat allait à l’encontre de l’hypothèse initiale des chercheurs, qui pensaient retrouver chez ces participants une activité cérébrale déjà proche de celle des personnes malades.


Une réactivité alpha réduite pourrait refléter une adaptation moins efficace du cerveau aux informations sensorielles ou une modification des mécanismes qui participent normalement au filtrage des stimulations et à l’inhibition de la douleur. Il s’agit cependant d’une interprétation proposée par les chercheurs, et non de la démonstration directe que le cerveau des patients serait incapable de « filtrer les informations ».


Un lien possible avec le cortisol ?


Chez seulement 14 participants du groupe « à risque », les chercheurs ont observé une corrélation entre la réactivité alpha dans la région frontale droite et le taux de cortisol mesuré le matin.


Le cortisol est une hormone qui intervient notamment dans la réponse de l’organisme au stress. Les auteurs évoquent l’hypothèse que l’association observée pourrait être liée à certains mécanismes de résistance ou d’adaptation qui protégeraient temporairement contre le développement de douleurs chroniques diffuses.


Cette hypothèse reste néanmoins très spéculative. La corrélation n’était plus statistiquement significative après la correction appliquée pour tenir compte du nombre de comparaisons réalisées. De plus, le cortisol et l’EEG n’ont pas été mesurés au même moment. Il serait donc prématuré de parler d’un « bouclier naturel » ou d’attribuer au cortisol un rôle protecteur démontré.


Une nouvelle preuve biologique de la fibromyalgie ?


Cette étude renforce les nombreuses recherches montrant que la fibromyalgie s’accompagne de modifications mesurables du fonctionnement du système nerveux central.


Elle apporte donc un argument supplémentaire contre l’idée encore trop souvent répandue selon laquelle la fibromyalgie serait imaginaire, uniquement psychologique ou dépourvue de toute réalité biologique.


Il faut toutefois distinguer deux notions : une différence mesurable entre des groupes de participants n’est pas automatiquement un biomarqueur diagnostique utilisable chez une personne donnée.


Pour que la réactivité alpha puisse un jour participer au diagnostic, il faudrait notamment :

  • reproduire ces résultats auprès de groupes beaucoup plus nombreux ;

  • vérifier leur présence dans des populations différentes ;

  • déterminer si cette particularité est propre à la fibromyalgie ou si elle apparaît également dans d’autres maladies douloureuses, neurologiques ou liées au sommeil ;

  • établir des valeurs de référence et mesurer la fiabilité du test pour distinguer les personnes malades des personnes non malades.


À ce stade, aucun EEG ne permet donc de confirmer ou d’exclure individuellement une fibromyalgie sur la base de la réactivité alpha.


Des pistes pour de futurs traitements ?


Les auteurs soulignent que la région frontale droite identifiée se situe à proximité d’une zone cérébrale déjà ciblée dans certaines recherches utilisant la stimulation magnétique transcrânienne répétitive, ou rTMS.


Les ondes alpha pourraient aussi constituer une cible pour des méthodes comme le neurofeedback, qui vise à apprendre à moduler certains aspects de l’activité cérébrale.


Mais cette étude n’a testé aucun traitement. Elle ne permet donc pas de conclure que le neurofeedback ou la stimulation magnétique seraient efficaces sur la base de cette anomalie particulière. Elle aide surtout les chercheurs à identifier des mécanismes et des régions cérébrales qui pourront être étudiés plus précisément dans de futurs essais.


Des résultats prometteurs, mais une étude encore limitée


Cette recherche porte sur seulement 57 personnes, dont 19 atteintes de fibromyalgie. Une étude de cette taille peut être fortement influencée par les caractéristiques individuelles de quelques participants.


Les auteurs reconnaissent également que certains résultats variaient selon les analyses statistiques et la prise en compte de valeurs atypiques. Ils appellent donc à réaliser des recherches plus vastes et, surtout, des études longitudinales suivant les personnes « à risque » pendant plusieurs années.


Ce que MY FIBRO retient


Cette étude ne fournit pas encore le test biologique que les patients attendent légitimement. Elle ne prouve pas non plus que la fibromyalgie aurait une cause cérébrale unique.


Elle apporte cependant une information importante : chez les participants atteints de fibromyalgie, le cerveau ne modifiait pas son activité alpha de la même manière que chez les participants en bonne santé lorsqu’ils ouvraient ou fermaient les yeux.


Ce résultat s’ajoute aux connaissances scientifiques montrant que la fibromyalgie est associée à des modifications réelles et objectivables des mécanismes de traitement des informations sensorielles et de modulation de la douleur.


Pour MY FIBRO, il est essentiel de faire connaître ces avancées, sans les minimiser, mais également sans annoncer trop rapidement la découverte d’une preuve définitive, d’un test diagnostique ou d’un nouveau traitement.


La recherche progresse. Chaque étude sérieuse contribue à faire reculer les préjugés, à mieux comprendre la maladie et, nous l’espérons, à améliorer progressivement le diagnostic et la prise en charge des personnes concernées.


Source scientifique : Begum N. et al., Lower Resting-State Alpha Reactivity in Chronic Widespread Pain Compared to At-Risk and Healthy Individuals, Clinical EEG and Neuroscience, publication en ligne le 15 juillet 2026

 

 
 
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