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PACING

  • 7 mai 2024
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 7 jours


Il y a les jours où l’on ne peut presque rien faire.

Et puis il y a ceux où cela va un peu mieux…

Alors on en profite.

Ménage, courses, lessive, jardin, rendez-vous : on enfile les activités que l’on n’a pas pu faire les jours précédents… et on paie parfois les pots cassés ensuite.


À force, on peut se retrouver dans une alternance entre trop en faire et devoir récupérer, avec la difficulté supplémentaire de ne jamais vraiment savoir où placer le curseur.

Le pacing cherche justement à mieux gérer ce rythme.


Le pacing, c’est quoi ?


Le pacing est une stratégie de gestion des activités.

Le principe est de mieux répartir ce que l’on fait afin d’éviter autant que possible les grands écarts entre :

« aujourd’hui je fais tout »

et

« demain je ne peux plus rien faire ».


Cela peut concerner l’activité physique, mais aussi le ménage, le travail, les courses, les loisirs ou même certaines activités demandant beaucoup de concentration.


Concrètement, le pacing peut consister à :

  • fractionner une tâche ;

  • alterner différentes activités ;

  • prévoir des pauses avant d’être complètement épuisé ;

  • modifier la durée ou l’intensité d’une activité ;

  • répartir certaines tâches sur plusieurs jours ;

  • déterminer ce qui est prioritaire… et ce qui peut attendre.


Se ménager ne signifie pas nécessairement ne plus bouger.


Trouver son niveau… pas celui du voisin

Le pacing commence par l’observation.

Combien de temps peut-on réaliser une activité sans provoquer une augmentation trop importante ou trop prolongée des symptômes ?

À quel moment une pause devient-elle utile ?

Quelles activités peuvent être alternées ?

Et lesquelles demandent tellement d’énergie qu’il vaut mieux éviter de les accumuler le même jour ?


Il n’existe pas de formule universelle.

Pour l’un, faire une pause après vingt minutes conviendra.

Pour un autre, ce sera après cinq minutes.

Et ces capacités peuvent varier selon les périodes.


Le pacing n’est donc pas un emploi du temps militaire.

C’est plutôt apprendre à négocier avec son énergie sans lui laisser systématiquement le dernier mot.


Se reposer… mais aussi rester en mouvement


Le pacing ne devrait pas conduire à réduire progressivement toutes les activités par peur de provoquer des symptômes.

À l’inverse, il ne consiste pas non plus à dépasser systématiquement ses limites au nom d’une progression obligatoire.


L’objectif est davantage de rechercher une activité aussi régulière et supportable que possible, puis, lorsque les capacités le permettent, de la faire évoluer progressivement.


Une activité peut parfois provoquer une augmentation temporaire des symptômes. Cela ne signifie pas automatiquement qu’elle est dangereuse.

Mais une aggravation importante ou prolongée mérite d’être prise en compte et peut nécessiter de revoir le rythme, la durée ou la manière de faire.


Que dit la recherche ?


Le pacing est beaucoup utilisé dans la prise en charge de la douleur chronique, mais les études ne permettent pas encore de déterminer une méthode idéale.


Une étude menée spécifiquement chez des personnes atteintes de fibromyalgie a comparé deux manières de pratiquer le pacing : l’une basée davantage sur une progression planifiée des activités, l’autre sur l’économie d’énergie. Les deux approches ont amélioré certains aspects du fonctionnement et du sommeil, mais elles n’ont pas significativement réduit la douleur ou la fatigue moyenne.


Une petite étude publiée en 2026, intégrant le pacing dans un programme individualisé de gestion des activités en ergothérapie, a également obtenu des résultats encourageants sur les habitudes d’activité, certains symptômes, la satisfaction dans les activités quotidiennes et la qualité de vie.


Mais une revue systématique récente consacrée au pacing dans la douleur chronique conclut encore à des résultats variables et à un niveau de preuve très faible.

Le pacing est donc un outil intéressant…

pas une recette scientifiquement réglée à la minute près.


Le pacing au quotidien


Imaginons que préparer un repas entier debout soit difficile.


Le pacing peut consister à :

préparer certains aliments assis ;

faire une partie de la préparation plus tôt ;

alterner une tâche debout et une tâche assise ;

faire une courte pause ;

ou choisir un repas plus simple un jour où l’énergie est déjà bien entamée.


Même principe pour le ménage.

Faire toutes les vitres parce qu’« aujourd’hui ça va mieux » peut sembler tentant.

En faire quelques-unes et garder suffisamment d’énergie pour autre chose peut parfois être un meilleur calcul.


Ce n’est pas de la paresse.

C’est de la gestion.


À retenir


Le pacing aide à mieux répartir les activités et les temps de récupération afin d’éviter autant que possible les alternances entre suractivité et épuisement.


Il n’existe pas de règle valable pour tout le monde ni de pourcentage précis de la journée à consacrer à l’alternance activité/repos.

Il faut observer, tester, ajuster… et parfois recommencer.


Le kinésithérapeute ou l’ergothérapeute peut aider à identifier un rythme adapté et à faire évoluer progressivement certaines activités.


Avec la fibromyalgie, gérer son énergie ressemble parfois à tenir un budget avec des revenus qui changent tous les jours.


**Le pacing ne permet pas d’augmenter magiquement le compte en banque.

Il peut simplement aider à éviter de tout dépenser le matin.**


Sources


  • Centre interdisciplinaire DOME – Liège, Belgique. Comment utiliser le pacing pour gérer ma douleur chronique ? Présentation pratique du fractionnement des activités dans la prise en charge de la douleur chronique.

  • KCE – Centre fédéral d’Expertise des Soins de Santé, Belgique (2026). Neuf domaines d’action pour améliorer la prise en charge multimodale de la douleur chronique en Belgique. KCE Reports 414B.

  • Racine M. et al. (2019). Operant Learning Versus Energy Conservation Activity Pacing Treatments in a Sample of Patients With Fibromyalgia Syndrome: A Pilot Randomized Controlled Trial. The Journal of Pain, 20(4), 420–439.

  • Albay S. et al. (2026). Effectiveness of Activity Management Among Women With Fibromyalgia Syndrome: A Randomized Controlled Trial. American Journal of Occupational Therapy, 80(3).

  • Antcliff D. et al. (2026). Operant Approach Activity Pacing Interventions for the Management of Chronic Pain: A Systematic Review. Clinical Journal of Pain, 42(9). Les résultats suggèrent une amélioration possible du fonctionnement, mais restent variables pour la douleur et la fatigue, avec une confiance très faible dans les données disponibles.

 
 
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