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PROBLEMES GENITO-URINAIRES

12 juin 2024
4 min de lecture

Dernière mise à jour : 29 août


Besoin fréquent d’uriner, douleurs ou pression au niveau de la vessie, brûlures urinaires sans infection retrouvée, douleurs vulvaires ou douleurs lors des rapports sexuels…


Certaines personnes atteintes de fibromyalgie présentent également des troubles génito-urinaires ou des douleurs pelviennes chroniques.


Ces manifestations ne font pas partie des critères diagnostiques de la fibromyalgie, mais certaines d’entre elles sont plus fréquemment associées à la maladie.


L’expertise collective de l’Inserm cite notamment, parmi les troubles de chevauchement observés avec la fibromyalgie, certains syndromes douloureux de la vessie, les vulvodynies et d’autres douleurs chroniques pelviennes.

(Inserm, Expertise collective Fibromyalgie, 2020)


Des troubles urinaires parfois associés


Certaines personnes peuvent présenter :

  • un besoin fréquent d’uriner ;

  • une sensation d’urgence urinaire ;

  • une pression ou une douleur dans la région de la vessie ;

  • des brûlures ou douleurs lors de la miction ;

  • une gêne pelvienne persistante.


Un article de vulgarisation publié par Carenity décrit également, chez certaines personnes atteintes de fibromyalgie, des symptômes tels que fréquence urinaire, urgenturie, brûlures, dysurie ou douleurs de la sphère génito-urinaire. Ces manifestations doivent toutefois être interprétées avec prudence et évaluées médicalement, car elles peuvent avoir de nombreuses causes.

(Carenity, 2021 – ressource complémentaire destinée aux patients)


Syndrome de la vessie douloureuse : de quoi parle-t-on ?


Lorsque douleurs ou pression au niveau de la vessie, envies fréquentes d’uriner et inconfort persistent alors qu’aucune infection ne suffit à expliquer les symptômes, le médecin peut notamment envisager un syndrome de la vessie douloureuse, parfois encore appelé cystite interstitielle.


Cette affection est distincte de la fibromyalgie, mais les deux peuvent coexister.

L’Inserm classe d’ailleurs le syndrome de vessie douloureuse parmi les conditions douloureuses chroniques pouvant se chevaucher avec la fibromyalgie.


À ne pas confondre avec une infection urinaire


Une cystite infectieuse est généralement liée à une infection bactérienne.


Le syndrome de la vessie douloureuse / cystite interstitielle, lui, correspond à une douleur ou un inconfort chronique perçu en relation avec la vessie, souvent accompagné d’envies fréquentes ou pressantes d’uriner, sans infection suffisante pour expliquer le tableau.


Cette distinction est importante : des brûlures urinaires ou une envie fréquente d’uriner ne doivent pas être automatiquement attribuées à la fibromyalgie ou à une cystite interstitielle sans évaluation adaptée.


Et les douleurs vulvaires ?


La vulvodynie désigne une douleur chronique de la vulve qui ne s’explique pas suffisamment par une infection, une lésion ou une autre cause identifiable.


Elle peut se manifester par :

  • des brûlures ;

  • des picotements ;

  • une sensation d’irritation ;

  • une hypersensibilité au toucher ;

  • ou une douleur lors de la pénétration ou des rapports sexuels.


L’Inserm mentionne également la vulvodynie parmi les troubles douloureux chroniques pouvant être associés à la fibromyalgie.


Carenity décrit de son côté des manifestations telles que brûlures vulvaires, douleurs lors ou après les rapports sexuels ou autres gênes génito-urinaires chez certaines personnes atteintes de fibromyalgie. Là encore, ces descriptions sont utiles pour reconnaître un vécu possible, mais elles ne remplacent pas une évaluation médicale du symptôme.


Douleurs lors des rapports sexuels


Certaines personnes peuvent présenter une dyspareunie, c’est-à-dire une douleur lors ou après les rapports sexuels.


Cette douleur n’est pas spécifique à la fibromyalgie et peut avoir différentes origines.


Dans les douleurs pelviennes chroniques, plusieurs facteurs peuvent parfois se combiner :

  • hypersensibilité douloureuse ;

  • tensions ou dysfonctionnements du plancher pelvien ;

  • vulvodynie ;

  • endométriose ;

  • sécheresse vaginale ;

  • troubles urinaires ;

  • ou autres affections gynécologiques.


Une prise en charge adaptée permet donc de mieux identifier les mécanismes impliqués chez chaque personne.


Pourquoi ces troubles peuvent-ils coexister avec la fibromyalgie ?


Les mécanismes ne sont pas entièrement compris.


Fibromyalgie, syndrome de l’intestin irritable, troubles temporo-mandibulaires, syndrome de vessie douloureuse ou vulvodynie font partie de plusieurs syndromes douloureux chroniques susceptibles de se chevaucher.


Ils pourraient partager certains mécanismes, notamment :

  • une sensibilité accrue à la douleur ;

  • des modifications de la modulation des signaux douloureux ;

  • des interactions entre systèmes nerveux périphérique et central.


Cela ne signifie toutefois pas qu’une seule maladie provoque toutes les autres.


Une prise en charge multidisciplinaire peut être utile


Les troubles pelviens et génito-urinaires nécessitent parfois l’intervention de plusieurs professionnels.


Selon les symptômes, cela peut inclure :

  • le médecin généraliste ;

  • le gynécologue ;

  • l’urologue ;

  • un kinésithérapeute spécialisé en rééducation pelvi-périnéale ;

  • un algologue ;

  • un sexologue ou un psychologue lorsque l’impact sur la vie intime ou relationnelle le justifie.


En Belgique, la Clinique de pelvi-périnéologie du CHU Brugmann propose précisément une prise en charge multidisciplinaire des troubles de la miction, de l’incontinence, des douleurs périnéales chroniques, de la vulvodynie et de certains troubles sexuels.

(CHU Brugmann)


La rééducation pelvi-périnéale peut être utile dans certaines situations, notamment lorsqu’un dysfonctionnement ou une tension du plancher pelvien participe aux symptômes.


Attention aux conseils trop généraux


Certains conseils alimentaires ou comportementaux peuvent aider certaines personnes, mais ils ne doivent pas être appliqués automatiquement à tout le monde.


Par exemple, Carenity propose plusieurs mesures concernant boissons, alimentation, entraînement vésical ou exercices du plancher pelvien. Ces pistes peuvent être pertinentes dans certaines situations, mais elles dépendent du trouble réellement présent et ne constituent pas un protocole universel pour les personnes atteintes de fibromyalgie.


De même, il n’est pas recommandé de réduire excessivement son hydratation pour limiter les envies d’uriner.


Quand consulter ?


Un avis médical est particulièrement important en cas de :

  • brûlures urinaires persistantes ;

  • sang dans les urines ;

  • fièvre ;

  • douleurs importantes dans le bas-ventre ou le dos ;

  • infections urinaires répétées ;

  • difficulté nouvelle à uriner ;

  • douleurs vulvaires persistantes ;

  • douleurs lors des rapports sexuels ayant un impact important sur la qualité de vie.


Ces symptômes peuvent avoir différentes causes et certaines sont traitables.


À retenir


Certains troubles génito-urinaires douloureux, notamment le syndrome de la vessie douloureuse et la vulvodynie, sont plus fréquemment associés à la fibromyalgie.


Ils constituent néanmoins des problèmes de santé distincts, qui méritent d’être identifiés et pris en charge spécifiquement.


Leur coexistence pourrait notamment s’inscrire dans des mécanismes communs de sensibilisation et de modulation de la douleur.


Sources principales


  • Inserm – Fibromyalgie, Expertise collective, 2020, chapitre consacré aux comorbidités et pathologies de chevauchement.

  • CHU Brugmann, Bruxelles – Clinique de pelvi-périnéologie et prise en charge des douleurs pelviennes chroniques.

  • CHU de Nantes – Le syndrome douloureux vésical.


Pour aller plus loin


  • Carenity – Fibromyalgie et problèmes génito-urinaires : tout comprendre !, 24 août 2021. Article de vulgarisation destiné aux patients, utile notamment pour illustrer la diversité des symptômes rapportés, mais à lire comme ressource complémentaire et non comme recommandation médicale de référence.

 

 

 
 
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