RESPIRATION
Dernière mise à jour : 4 sept.

Respirer est tellement naturel que nous n’y pensons généralement pas.
Et pourtant, lorsque l’on vit avec des douleurs persistantes, de la fatigue, du stress ou de l’anxiété, prendre quelques minutes pour porter volontairement son attention sur sa respiration peut devenir un véritable outil du quotidien.
Pas un traitement miracle. Pas une façon de « respirer correctement » alors que nous respirerions mal.
Simplement une manière d’agir volontairement sur quelque chose qui, la plupart du temps, fonctionne automatiquement.
Fibromyalgie et respiration : existe-t-il un lien ?
Certaines recherches ont observé chez les personnes atteintes de fibromyalgie des différences concernant notamment l’amplitude thoracique, la force des muscles respiratoires ou certaines mesures de la fonction ventilatoire.
Cela ne signifie évidemment pas que toutes les personnes fibromyalgiques présentent des problèmes respiratoires.
Certaines peuvent cependant ressentir une impression d’essoufflement, d’oppression ou de respiration moins confortable.
Une gêne respiratoire ne doit toutefois jamais être automatiquement attribuée à la fibromyalgie, au stress ou à l’anxiété.
Un essoufflement nouveau, important, persistant ou inhabituel peut avoir de nombreuses causes — notamment pulmonaires ou cardiaques — et mérite un avis médical.
Et si nous utilisions simplement notre souffle ?
La respiration et notre état émotionnel s’influencent mutuellement.
Lorsque nous sommes stressés, anxieux ou douloureux, notre respiration peut devenir plus rapide, plus haute ou plus irrégulière.
À l’inverse, ralentir volontairement sa respiration et prolonger doucement l’expiration peut favoriser un état de calme et de relâchement.
C’est notamment sur ce principe que reposent différentes techniques de respiration lente, de relaxation respiratoire ou de cohérence cardiaque.
L’objectif n’est pas de « mieux oxygéner » le corps ni de le « détoxifier ».
Il s’agit plutôt d’utiliser la respiration comme un moyen simple d’agir sur notre état d’activation physiologique et de ramener notre attention vers le moment présent.
Et la douleur ?
La respiration ne fait évidemment pas disparaître la fibromyalgie.
Mais certaines études consacrées aux exercices respiratoires chez les personnes fibromyalgiques suggèrent qu’ils pourraient contribuer à diminuer la douleur et à améliorer certains autres symptômes.
Des recherches ont également étudié l’entraînement spécifique des muscles respiratoires. Les résultats sont encourageants concernant notamment la douleur, la fatigue, le sommeil, l’anxiété et la qualité de vie.
Les études restent cependant encore peu nombreuses.
La respiration doit donc être envisagée comme un outil complémentaire, facile à intégrer dans le quotidien, et non comme un traitement capable à lui seul de prendre en charge la fibromyalgie.
Pas besoin de faire compliqué
Il existe énormément de techniques respiratoires : cohérence cardiaque, respiration abdominale ou diaphragmatique, respiration utilisée en relaxation, en méditation, en yoga…
Il n’est pas nécessaire de toutes les connaître.
On peut simplement essayer, pendant quelques minutes :
de s’installer confortablement ;
de relâcher autant que possible les épaules et la mâchoire ;
d’inspirer tranquillement, sans chercher à remplir au maximum ses poumons ;
puis d’expirer lentement et sans forcer ;
et de laisser progressivement la respiration devenir plus calme.
L’exercice ne doit jamais provoquer de vertiges, d’inconfort ou de sensation de manque d’air. Si c’est le cas, on reprend simplement sa respiration habituelle.
L’objectif n’est pas la performance.
Une petite place dans ma propre vie
Mes parents étaient de grands adeptes du yoga et me parlaient déjà beaucoup de l’importance de la respiration lorsque j’étais enfant.
J’ai moi-même suivi des cours de yoga lorsque j’étais petite et j’ai retrouvé les exercices respiratoires plus tard, notamment lors de la préparation à l’accouchement de mes six enfants.
Aujourd’hui encore, ils font partie de mon hygiène de vie.
Lorsque le stress monte ou lorsque la douleur prend trop de place, me concentrer quelques minutes sur ma respiration m’aide à retrouver davantage de calme et à diminuer l’emprise que ces sensations peuvent avoir sur moi.
Je ne prétends pas que cela supprime la douleur.
Mais cela m’aide à mieux traverser certains moments.
Et parfois, disposer d’un outil aussi simple, que l’on peut utiliser presque partout et qui ne coûte rien, c’est déjà beaucoup.
À retenir
Les exercices respiratoires ne guérissent pas la fibromyalgie, mais ils peuvent constituer un outil intéressant de relaxation et d’autorégulation.
Les recherches spécifiques à la fibromyalgie sont encore limitées, mais plusieurs résultats récents sont encourageants.
Et contrairement à beaucoup d’approches, notre respiration possède un avantage considérable : nous l’avons toujours avec nous.
Sources
Ortiz-Rubio A. et al., Respiratory disturbances in fibromyalgia: A systematic review and meta-analysis of case control studies, Expert Review of Respiratory Medicine, 2021.
Martín Núñez J. et al., The effectiveness of breathing exercise in fibromyalgia syndrome: a pain meta-analysis, European Respiratory Journal, 2024.
Pontes A.T. et al., Effect of respiratory muscle training on symptoms of fibromyalgia: a systematic review with meta-analysis, Pain Management, 2026. C'est la source la plus récente.
