SPECIALISTES
Dernière mise à jour : 6 sept.

Obtenir un diagnostic de fibromyalgie peut être un véritable parcours. Les symptômes sont multiples, fluctuants, et aucun examen médical ne permet à lui seul de confirmer la maladie.
C’est pourquoi plusieurs médecins peuvent intervenir, chacun avec un rôle différent. Mais il n’est évidemment pas nécessaire de consulter tous les spécialistes présentés ci-dessous.
En Belgique, le parcours dépend encore beaucoup des symptômes, du médecin qui vous accompagne, de votre région et des structures auxquelles vous avez accès.
Le médecin généraliste : le premier interlocuteur
Le médecin généraliste est souvent le premier interlocuteur lorsque les symptômes apparaissent : douleurs diffuses, fatigue persistante, troubles du sommeil, difficultés de concentration…
Ce qu’il fait : il écoute vos symptômes, retrace leur évolution, réalise un examen clinique et peut prescrire des analyses ou d’autres examens afin de rechercher certaines maladies pouvant provoquer des symptômes similaires.
S’il suspecte une fibromyalgie, il peut ensuite vous orienter vers un spécialiste.
Pourquoi c’est important : le médecin généraliste reste généralement le médecin qui vous suit dans la durée. Il peut coordonner les différents intervenants, renouveler ou adapter certains traitements et vous orienter lorsque de nouveaux symptômes apparaissent.
En Belgique, quels spécialistes peuvent poser le diagnostic ?
Une particularité importante de notre système belge mérite d’être connue.
Pour bénéficier du régime spécifique de remboursement de la kinésithérapie prévu pour la fibromyalgie dans la nomenclature INAMI — la catégorie dite « Fb » — le diagnostic doit avoir été établi après examen clinique et conformément aux critères internationaux récents par un médecin spécialiste en :
rhumatologie ;
médecine physique et réadaptation ;
neurologie ;
médecine interne.
Cela ne signifie pas qu’il faut consulter ces quatre spécialistes !
Un seul de ces spécialistes peut établir le diagnostic nécessaire dans ce cadre.
Il est également important de distinguer le parcours diagnostique médical des conditions administratives imposées par l’INAMI pour certains remboursements.
Le rhumatologue : rechercher notamment une maladie rhumatologique
Le rhumatologue reste l’un des spécialistes fréquemment consultés lorsqu’une fibromyalgie est suspectée.
Ce qu’il fait : il analyse les douleurs, recherche d’éventuels signes articulaires ou inflammatoires et vérifie notamment qu’une autre maladie rhumatologique ne peut pas expliquer les symptômes.
Il peut ainsi contribuer à différencier la fibromyalgie d’une polyarthrite, d’une spondyloarthrite ou de certaines maladies auto-immunes.
Les anciens points douloureux autrefois utilisés pour diagnostiquer la fibromyalgie ne constituent plus, à eux seuls, la base du diagnostic.
Pourquoi c’est important : certaines maladies rhumatologiques peuvent provoquer des douleurs et une fatigue importantes et nécessitent une prise en charge différente.
Le médecin en médecine physique et réadaptation : regarder aussi ce que la maladie vous empêche de faire
Le médecin spécialiste en médecine physique et réadaptation (MPR) occupe une place particulièrement intéressante dans la fibromyalgie.
Son approche ne se concentre pas uniquement sur la maladie, mais également sur ses conséquences fonctionnelles.
Ce qu’il fait : il peut évaluer la mobilité, l’endurance, les limitations dans les activités quotidiennes, les difficultés professionnelles et le retentissement global des douleurs et de la fatigue.
Il peut ensuite proposer ou coordonner différentes interventions : kinésithérapie, activité physique adaptée, ergothérapie, réadaptation ou autres prises en charge en fonction des besoins.
Le médecin MPR fait également partie des spécialistes reconnus par l’INAMI pour établir le diagnostic nécessaire à la prise en charge kinésithérapeutique « Fb ».
Pourquoi c’est important : avec une maladie chronique, il ne suffit pas toujours de savoir où nous avons mal. Il faut aussi regarder ce que nous ne parvenons plus à faire et comment préserver au mieux notre autonomie.
Le neurologue : lorsque certains symptômes doivent être explorés
Fourmillements, engourdissements, troubles sensitifs, céphalées ou autres symptômes peuvent parfois conduire à une consultation neurologique.
Ce qu’il fait : le neurologue recherche une éventuelle affection du système nerveux et peut, lorsque cela est nécessaire, demander des examens complémentaires comme une IRM ou un électromyogramme.
Il fait lui aussi partie des spécialistes pouvant établir le diagnostic de fibromyalgie dans le cadre prévu par la nomenclature INAMI.
Cela ne signifie cependant pas que toute personne présentant un fibro-brouillard doit consulter un neurologue.
Les difficultés de concentration, de mémoire ou de recherche des mots sont fréquentes dans la fibromyalgie. Une consultation neurologique devient surtout pertinente lorsque certains symptômes ou l’examen clinique font suspecter une autre pathologie.
Le médecin interniste
Le spécialiste en médecine interne est peut-être moins spontanément associé à la fibromyalgie.
Il possède pourtant une expertise particulièrement large dans les maladies qui touchent plusieurs systèmes de l’organisme.
Il peut être consulté lorsque les symptômes sont nombreux ou lorsqu’il est nécessaire d’explorer différentes hypothèses diagnostiques.
Depuis 2023, l’interniste figure lui aussi parmi les spécialistes reconnus par l’INAMI pour établir le diagnostic de fibromyalgie nécessaire à la prise en charge kinésithérapeutique « Fb ».
L’algologue et les structures de la douleur chronique
Lorsque la douleur devient particulièrement complexe ou invalidante, une prise en charge spécialisée de la douleur chronique peut être envisagée.
En Belgique, il existe deux types de structures hospitalières.
Les équipes multidisciplinaires d’algologie sont présentes dans les hôpitaux aigus. Elles peuvent notamment accompagner les situations complexes et orienter, si nécessaire, vers une structure plus spécialisée.
Il existe également 35 Centres multidisciplinaires de traitement de la douleur chronique répartis en Belgique.
Ces centres réunissent plusieurs professions. Leur équipe comprend notamment un coordinateur médical, un infirmier spécialisé en douleur, un psychologue de la douleur, un kinésithérapeute, un ergothérapeute et un assistant social.
L’objectif est donc bien une approche multidisciplinaire de la douleur chronique.
Cela peut être particulièrement utile lorsque les douleurs ont des répercussions importantes sur plusieurs dimensions de la vie.
Le psychologue ou le psychiatre : lorsque nous en avons besoin
La fibromyalgie peut évidemment avoir des conséquences importantes sur le moral : perte d’autonomie, difficultés professionnelles, incompréhension, isolement, douleur persistante…
Certaines personnes peuvent alors souhaiter un soutien psychologique.
Mais une chose doit être très claire :
la fibromyalgie n’est pas une maladie psychiatrique.
Le psychologue peut accompagner les conséquences psychologiques ou sociales de la maladie, aider à développer certaines stratégies pour vivre avec la douleur ou intervenir lorsqu’une personne traverse une période particulièrement difficile.
Le psychiatre est, quant à lui, un médecin spécialiste des troubles psychiques. Il peut intervenir lorsqu’une dépression, un trouble anxieux ou une autre difficulté psychiatrique nécessite une évaluation ou un traitement spécifique.
Ces accompagnements peuvent être très utiles lorsqu’ils répondent à un besoin.
Ils ne doivent pas devenir une manière de renvoyer automatiquement la douleur vers le psychologique lorsqu’on ne sait plus quoi proposer au patient.
Et les autres professionnels ?
La prise en charge de la fibromyalgie ne repose pas uniquement sur les médecins.
Selon les besoins de chacun, différents professionnels peuvent intervenir :
kinésithérapeute ;
ergothérapeute ;
psychologue ;
infirmier ;
pharmacien ;
diététicien ;
assistant social ;
médecin du travail ;
professionnels encadrant une activité physique adaptée.
L’objectif n’est pas de multiplier les intervenants.
Il est de trouver les personnes dont vous avez réellement besoin, au moment où vous en avez besoin.
Une prise en charge qui reste encore trop fragmentée
En Belgique, nous disposons donc déjà de nombreuses compétences.
Le problème est souvent ailleurs : elles ne sont pas toujours suffisamment reliées entre elles.
Le KCE l’a encore souligné en 2026 dans son rapport consacré à la douleur chronique : une prise en charge réellement multimodale nécessite davantage de coordination entre les différentes ressources médicales, psychologiques et sociales existantes.
Et trop souvent encore, c’est le patient qui doit faire lui-même le lien entre son généraliste, ses spécialistes, son kinésithérapeute, sa mutualité, son médecin du travail…
C’est précisément l’un des enjeux défendus par MY FIBRO : parvenir progressivement à un parcours plus clair, mieux coordonné et accessible sur l’ensemble du territoire.
À retenir
Il n’existe pas un spécialiste unique de la fibromyalgie.
Le médecin généraliste reste un interlocuteur essentiel pour démarrer le parcours et assurer le suivi.
En Belgique, pour bénéficier du régime spécifique de kinésithérapie « Fb », le diagnostic doit actuellement être établi par un spécialiste en rhumatologie, médecine physique et réadaptation, neurologie ou médecine interne.
Le recours à d’autres spécialistes dépend ensuite des symptômes et des besoins de chacun.
Et lorsque la situation devient complexe, les Centres multidisciplinaires de traitement de la douleur chronique peuvent apporter plusieurs regards complémentaires.
L’essentiel n’est finalement pas de consulter toujours plus de spécialistes.
C’est de pouvoir rencontrer les bons professionnels, au bon moment, et qu’ils puissent travailler ensemble.
Sources
INAMI, Nomenclature de kinésithérapie – adaptation pour les patients atteints de fibromyalgie : conditions applicables au régime « Fb » et spécialistes habilités.
INAMI, Nomenclature des prestations de santé – article 7 : kinésithérapie, version en vigueur en 2026.
SPF Santé publique, Gestion de la douleur à l’hôpital : équipes multidisciplinaires d’algologie et Centres multidisciplinaires de traitement de la douleur chronique.
Centre fédéral d’Expertise des Soins de Santé (KCE), Neuf domaines d’action pour améliorer la prise en charge multimodale de la douleur chronique en Belgique, KCE Reports 414B, 2026.
