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SPORTS

  • 4 mai 2024
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 6 jours


« Il faut bouger. »


C’est probablement l’un des conseils que les personnes atteintes de fibromyalgie entendent le plus souvent.


Sur le fond, il repose sur des données solides : l’activité physique fait partie des approches non médicamenteuses les mieux étudiées dans la fibromyalgie.


Mais entre savoir qu’il est utile de bouger et réussir réellement à le faire lorsque l’on vit avec des douleurs, de la fatigue et des capacités qui fluctuent, il y a parfois… un fameux pas.


Sport ou activité physique ?


Il n’est pas nécessaire de devenir sportif pour bénéficier du mouvement.

Marcher, pédaler, nager, jardiner, danser ou réaliser des exercices adaptés sont déjà des formes d’activité physique.


Le mot « sport » peut même parfois décourager lorsqu’on imagine immédiatement performance, chronomètre et dépassement de soi.


Dans la fibromyalgie, l’objectif est tout autre :

entretenir ou améliorer progressivement ses capacités sans transformer chaque séance en compétition avec soi-même.


Que peut apporter l’activité physique ?


Les études montrent qu’une activité physique régulière et adaptée peut améliorer, en moyenne, plusieurs dimensions de la fibromyalgie :

  • les capacités physiques ;

  • le fonctionnement au quotidien ;

  • la douleur ;

  • la fatigue ;

  • et certains aspects de la qualité de vie.


Les bénéfices varient cependant d’une personne à l’autre.

L’activité physique n’est ni un traitement miracle ni une garantie de diminution de tous les symptômes.

Mais elle constitue aujourd’hui l’un des piliers de la prise en charge.


Quelle activité choisir ?


Il n’existe pas de « meilleur sport » valable pour tout le monde.

Plusieurs types d’activités ont été étudiés.


Les activités d’endurance

Marche, vélo, natation, aquagym ou autres activités d’endurance peuvent permettre de travailler progressivement les capacités cardiovasculaires.

L’exercice en eau est notamment apprécié par certaines personnes parce que la flottabilité facilite certains mouvements.

Les études montrent des bénéfices possibles sur la douleur, la fatigue et les capacités physiques.

Il n’a cependant pas été démontré que l’exercice aquatique soit systématiquement supérieur à l’exercice pratiqué sur terre.


Le renforcement musculaire

La fibromyalgie n’interdit pas le renforcement musculaire.

Réalisé progressivement et avec une charge adaptée, celui-ci peut améliorer la force et certaines capacités fonctionnelles.

Renforcer ne signifie pas forcer.


Les activités associant mouvement et attention au corps

Yoga, tai-chi et certaines autres pratiques corporelles ont également été étudiés.

Elles peuvent associer mouvement, équilibre, mobilité, respiration et relaxation.

Elles ne conviennent pas nécessairement à tout le monde, mais peuvent constituer une possibilité parmi d’autres.


Commencer petit n’est pas commencer pour rien


Lorsqu’une personne a beaucoup réduit son activité, vouloir respecter immédiatement les recommandations destinées à la population générale peut être décourageant.


Dans la fibromyalgie, il est préférable de partir des capacités réelles de la personne, quitte à commencer par de petites quantités d’activité, puis à augmenter progressivement la fréquence, la durée ou l’intensité lorsque cela devient possible.


Les séances peuvent également être fractionnées.

Dix minutes peuvent devenir deux fois cinq minutes.

Et si cinq minutes constituent le niveau possible aujourd’hui, elles ont déjà leur valeur.


Le point de départ n’est pas ce que l’on devrait pouvoir faire. C’est ce que l’on peut réellement faire.


Et si j’ai davantage mal après ?


Une reprise d’activité peut parfois s’accompagner d’une augmentation temporaire des douleurs ou de la fatigue.

Cela ne signifie pas automatiquement que l’activité est mauvaise ou dangereuse.


En revanche, si l’augmentation des symptômes est importante, prolongée ou se reproduit systématiquement, il peut être nécessaire d’adapter :

  • l’intensité ;

  • la durée ;

  • la fréquence ;

  • le type d’activité ;

  • ou les temps de récupération.


Le pacing peut également aider à mieux répartir les efforts.

L’objectif n’est ni de s’arrêter au premier inconfort, ni de serrer les dents jusqu’à l’épuisement.


Le plaisir compte aussi


Une activité peut être excellente dans les études…

et parfaitement inutile si on la déteste au point de l’abandonner après trois séances.


Les préférences, les habitudes, l’accessibilité, le coût et les possibilités concrètes de chacun doivent donc entrer dans le choix.


Certaines personnes préféreront marcher seules.

D’autres auront besoin d’un groupe.

Certaines aimeront l’eau.

D’autres le vélo, la danse, le yoga ou le jardinage.


L’activité la plus intéressante est aussi celle que l’on aura envie de refaire.


Et le Sport sur ordonnance ?


Lorsqu’on vit avec une fibromyalgie, recommencer à bouger seul n’est pas toujours évident.


En Belgique francophone, le Sport sur ordonnance permet à des personnes sédentaires et/ou atteintes d’une maladie chronique d’être orientées par un médecin vers une activité physique adaptée.


La fibromyalgie fait partie des situations pour lesquelles ce type d’accompagnement peut être intéressant.


Les séances sont encadrées par des professionnels formés et visent une reprise progressive et adaptée aux capacités de chacun. Selon les programmes, elles peuvent associer endurance, renforcement musculaire, équilibre, souplesse ou autres formes d’activité physique.


Le dispositif fonctionne cependant localement. Il n’existe pas encore partout en Belgique et les modalités pratiques, le coût ou les possibilités d’intervention financière peuvent varier d’un endroit à l’autre.


Pour savoir si une initiative existe près de chez vous, vous pouvez en parler à votre médecin ou vous renseigner auprès de votre commune ou de Sport sur ordonnance.


Et ici, le mot « ordonnance » ne doit pas faire peur :

il ne s’agit pas de prescrire une performance, mais d’aider à retrouver du mouvement dans un cadre adapté.


À retenir


L’activité physique fait partie des interventions les mieux étayées dans la fibromyalgie.


Endurance, renforcement, activités aquatiques ou pratiques corporelles peuvent toutes trouver leur place.


Il n’existe cependant ni sport obligatoire, ni programme universel, ni performance minimale à atteindre.


Le plus important est de partir de ses capacités, de progresser doucement et de trouver une activité suffisamment adaptée pour pouvoir la poursuivre.


**Bouger, oui.

Se dépasser à tout prix, non.

Et si le plaisir peut s’inviter dans le mouvement, il est évidemment le bienvenu.**


Sources


  • Sport sur Ordonnance ASBL – Belgique. Informations sur l’activité physique adaptée prescrite aux personnes sédentaires et/ou atteintes de maladies chroniques et sur l’organisation locale des dispositifs en Belgique francophone.

  • KCE – Centre fédéral d’Expertise des Soins de Santé, Belgique (2026). Neuf domaines d’action pour améliorer la prise en charge multimodale de la douleur chronique en Belgique. KCE Reports 414B.

  • Haute Autorité de Santé – France (2025). Fibromyalgie de l’adulte : conduite diagnostique et stratégie thérapeutique. Recommandations concernant notamment l’activité physique progressive, individualisée et adaptée aux capacités du patient.

  • Wang J.-J. et al. (2024). Effect of Resistance Exercises on Function and Pain in Fibromyalgia: A Systematic Review and Meta-analysis of Randomized Controlled Trials. American Journal of Physical Medicine & Rehabilitation.

  • Correyero-León M. et al. (2024). Effectiveness of aquatic training based on aerobic and strengthening exercises in patients with fibromyalgia: systematic review with meta-analysis. Explore, 20(1), 27–38.

 
 
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