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STIMULATION MAGNETIQUE TRANSCRANIENNE (TMS)

  • 14 juil. 2024
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 4 jours


Envoyer des impulsions magnétiques vers certaines zones du cerveau pour essayer de modifier la douleur ?


Cela peut sembler futuriste.

Pourtant, la stimulation magnétique transcrânienne, ou TMS, est une technique médicale utilisée et étudiée depuis plusieurs années en neurologie, en psychiatrie et dans certaines douleurs chroniques.


Dans la fibromyalgie, c’est surtout sa forme répétitive — rTMS — qui intéresse les chercheurs.

Les résultats sont aujourd’hui suffisamment encourageants pour que la piste mérite notre attention.

Mais pas encore pour en faire une solution miracle.


Comment fonctionne la rTMS ?


Une bobine est placée contre le cuir chevelu.

Elle produit de brèves impulsions magnétiques qui traversent le crâne et induisent de faibles courants électriques dans une zone ciblée du cortex cérébral.

Il n’y a ni chirurgie ni implantation.


Dans les recherches consacrées à la douleur et à la fibromyalgie, l’une des principales zones ciblées est le cortex moteur.

L’objectif est de modifier temporairement l’activité de réseaux cérébraux impliqués dans la modulation de la douleur.


Mais parler de « reprogrammation du cerveau » serait aller beaucoup trop loin.

La neuromodulation est complexe et ses effets dépendent notamment de la zone stimulée, de la fréquence, de l’intensité, du nombre de séances et des caractéristiques de la personne.


Que montrent les études dans la fibromyalgie ?


Les résultats ont longtemps été assez hétérogènes.


Une méta-analyse de 2021 regroupant 14 études et 433 participants retrouvait un effet favorable de la rTMS sur la douleur et l’impact global de la fibromyalgie, sans amélioration claire de tous les autres symptômes.


Puis, en 2025, un essai particulièrement intéressant a été publié.


Il s’agissait d’un essai multicentrique mené en France, au Brésil et au Japon chez 101 femmes présentant une fibromyalgie insuffisamment soulagée par les traitements disponibles.

Les participantes recevaient soit une véritable stimulation répétitive du cortex moteur, soit une stimulation simulée.

Après huit semaines, la diminution de la douleur était significativement plus importante dans le groupe ayant reçu la véritable rTMS.

Le bénéfice antalgique s’atténuait cependant par la suite : à seize semaines, la différence sur la douleur n’était plus clairement retrouvée, même si certaines améliorations fonctionnelles persistaient.

C’est important.


La rTMS ne semble donc pas simplement relever d’une hypothèse théorique.

Un effet antalgique est possible chez certains patients.

Mais nous ne savons toujours pas parfaitement :

  • qui répondra au traitement ;

  • quel protocole est optimal ;

  • combien de séances sont nécessaires ;

  • combien de temps le bénéfice peut durer ;

  • ni à quelle fréquence des séances d’entretien devraient éventuellement être proposées.


Cela fonctionne-t-il chez tout le monde ?


Non.


Comme souvent dans la fibromyalgie, les moyennes des études cachent des réponses individuelles très différentes.

Certaines personnes obtiennent une amélioration importante.

D’autres beaucoup moins.

Et certaines aucune.


C’est pourquoi la rTMS ne devrait pas être présentée comme :

« le traitement qui reprogramme enfin le cerveau fibromyalgique ».

Nous n’avons pas un cerveau « mal programmé » qu’il suffirait de remettre aux réglages d’usine.

Nous avons un système de traitement et de modulation de la douleur complexe, sur lequel différentes interventions peuvent agir avec plus ou moins de succès.


Quels sont les effets indésirables ?


La rTMS est généralement considérée comme non invasive et plutôt bien tolérée lorsqu’elle est pratiquée dans de bonnes conditions.


Les effets indésirables les plus fréquents sont notamment :

  • maux de tête ;

  • gêne ou douleur au niveau du cuir chevelu ;

  • sensations désagréables pendant la stimulation ;

  • vertiges ;

  • parfois fatigue ou nausées.


Le risque de provoquer une crise convulsive existe, mais il est rare lorsque les protocoles de sécurité sont respectés.


Avant un traitement, certaines situations doivent donc être signalées à l’équipe médicale, notamment la présence de certains implants ou dispositifs métalliques ou électroniques et les antécédents neurologiques pertinents.


La rTMS doit rester une technique réalisée sous responsabilité médicale par une équipe formée.


Et en Belgique ?


La rTMS existe bien en Belgique.


Elle est utilisée ou étudiée dans différents centres, principalement dans les domaines de la psychiatrie, des neurosciences et de la douleur chronique.


À l’UZ Brussel, par exemple, des travaux sont menés sur la rTMS dans la dépression. L’UCLouvain dispose également de plateformes de recherche équipées pour la stimulation magnétique transcrânienne.

Du côté de la douleur chronique, la Pain Clinic de l’Hôpital Delta – CHIREC propose la rTMS depuis 2022 parmi ses approches non médicamenteuses pour certaines douleurs chroniques.


Des structures belges proposent également aujourd’hui la technique spécifiquement aux personnes atteintes de fibromyalgie.

Mais cela ne signifie pas que la rTMS soit devenue un traitement standard de la fibromyalgie en Belgique.

Son accès reste limité et sa place dans les parcours de soins n’est pas encore uniformisée.


Une ASBL professionnelle, rTMS4Belgium, créée en 2025, travaille d’ailleurs explicitement à sa reconnaissance et à son remboursement en Belgique.


Avant de s’engager dans un traitement, il est donc important de demander :

  • qui pose l’indication ;

  • quel protocole sera utilisé ;

  • quelle expérience l’équipe possède dans la douleur chronique ;

  • combien de séances sont proposées ;

  • quel en sera le coût ;

  • et quel suivi est prévu si le traitement ne fonctionne pas.


Une piste sérieuse, mais encore en évolution


La rTMS occupe une position assez particulière parmi les approches dont nous parlons sur MY FIBRO.

Nous ne sommes pas ici dans une pratique de bien-être fondée uniquement sur le ressenti.

Il existe de véritables essais contrôlés, dont un essai multicentrique récent montrant un effet sur la douleur à moyen terme chez certaines personnes atteintes de fibromyalgie.

Mais les résultats ne permettent pas encore d’en faire une solution de première intention ou de promettre un bénéfice durable.


La rTMS est donc une piste thérapeutique sérieuse et intéressante, qui mérite de continuer à être étudiée et rendue accessible dans un cadre médical approprié.


À retenir


La stimulation magnétique transcrânienne répétitive est une technique médicale non invasive de neuromodulation.


Dans la fibromyalgie, les études montrent un bénéfice possible sur la douleur et certains aspects du fonctionnement chez une partie des patients.


Un essai multicentrique publié en 2025 renforce l’intérêt de cette piste, mais montre également que l’effet antalgique peut diminuer avec le temps.


La technique existe en Belgique, mais elle ne constitue pas encore un traitement standardisé de la fibromyalgie.


Autrement dit :

la rTMS n’est plus seulement une idée prometteuse.

Mais entre une piste qui fonctionne chez certains patients et un traitement établi pour tous…

il reste encore quelques impulsions à envoyer à la recherche.


Sources


  • Silva V.A. et al. (2025). Motor cortex repetitive transcranial magnetic stimulation in fibromyalgia: a multicentre randomised controlled trial. British Journal of Anaesthesia, 134(6), 1756–1764. Essai randomisé contrôlé mené chez 101 femmes montrant un bénéfice antalgique à huit semaines, qui s’atténue ensuite.

  • Sun P. et al. (2021). Repetitive Transcranial Magnetic Stimulation for Patients with Fibromyalgia: A Systematic Review with Meta-Analysis. Pain Medicine. Quatorze études, 433 participants ; effets favorables notamment sur la douleur et l’impact global de la fibromyalgie.

  • Rossi S. et al. (2021). Safety and recommendations for TMS use in healthy subjects and patient populations. Clinical Neurophysiology, 132(1), 269–306. Recommandations internationales de sécurité pour la stimulation magnétique transcrânienne.

  • UCLouvain – Belgique. Plateforme Neuroscience Techniques and Methods Developments : dispositifs de neuromodulation non invasive, dont la TMS.

  • CHIREC – Hôpital Delta, Belgique. Pain Clinic : utilisation de la rTMS dans la prise en charge de certaines douleurs chroniques.

  • rTMS4Belgium ASBL – Belgique. Association professionnelle créée en 2025 afin de promouvoir l’information, la recherche, la reconnaissance et l’accès à la rTMS en Belgique.

 
 
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