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ZOOTHERAPIE

  • 6 mai 2024
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 jours


Quand la douleur et la fatigue prennent beaucoup de place, la présence d’un animal peut parfois en faire entrer autre chose : de la douceur, du mouvement, du contact, du rire… ou simplement une présence.


Chien, chat, cheval, lapin, âne… La relation avec un animal peut être source de réconfort et de bien-être. Certaines personnes parlent même de leur animal comme d’un véritable compagnon dans la maladie.


Mais vivre avec son animal et pratiquer la zoothérapie ne sont pas exactement la même chose.


Qu’est-ce que la zoothérapie ?

On parle aussi de médiation animale ou d’intervention assistée par l’animal.


Il s’agit d’utiliser la relation entre une personne et un animal dans un objectif précis : favoriser le bien-être, la communication, le mouvement, les interactions sociales ou accompagner un travail thérapeutique.


En Belgique, l’ASBL Question Santé décrit la médiation animale comme une pratique utilisée dans différents domaines de la santé, du handicap, de la santé mentale, du social ou encore de l’éducation. L’animal devient alors un médiateur dans la relation, accompagné par un intervenant.


Une séance avec un chien de thérapie, une activité avec un cheval ou la présence d’animaux dans une institution peuvent donc relever de la médiation animale.


La présence quotidienne de son propre chien ou chat n’est pas, à proprement parler, de la zoothérapie. Mais la relation avec un animal de compagnie peut elle aussi apporter beaucoup.


Que peut apporter un animal ?


Pour beaucoup de personnes, l’animal apporte avant tout une présence.

Il ne pose pas de questions sur la maladie. Il ne demande pas de justifier la fatigue ou la douleur. Il peut simplement venir se coucher à côté de nous, réclamer une caresse ou nous accueillir avec enthousiasme.


Cette relation peut favoriser :

  • l’apaisement et la détente ;

  • le sentiment d’être moins seul ;

  • la distraction lorsque la douleur prend beaucoup de place ;

  • les contacts et les interactions avec les autres ;

  • une certaine routine dans la journée ;

  • le sentiment d’être utile et responsable de quelqu’un d’autre.


Avec un chien, les promenades peuvent également encourager à sortir et bouger un peu, lorsque l’état de santé le permet.


L’AVIQ souligne elle aussi le rôle possible des animaux de compagnie dans le soutien émotionnel et social, les contacts avec les autres et le maintien de certaines activités.


Et dans la fibromyalgie ?


Il existe quelques recherches particulièrement intéressantes, car elles ont été réalisées directement auprès de personnes atteintes de fibromyalgie.


Dans une étude, de courtes rencontres avec un chien de thérapie dans un centre de prise en charge de la douleur ont été associées à une amélioration momentanée de la douleur, de l’humeur et de la détresse ressentie.


Une étude randomisée plus importante, menée auprès de 221 personnes atteintes de fibromyalgie dans le programme spécialisé de la Mayo Clinic, a ensuite étudié une séance de vingt minutes avec un chien de thérapie et son accompagnateur.

Les personnes ayant rencontré le chien présentaient après la séance plusieurs signes allant dans le sens d’un état émotionnel et physiologique plus positif que celles ayant rencontré uniquement l’accompagnateur.


Ces études ne signifient évidemment pas qu’un chien « traite » la fibromyalgie.

Elles montrent plutôt quelque chose de très intéressant : une interaction relativement courte avec un animal peut modifier momentanément la manière dont certaines personnes vivent leur douleur et leur état de bien-être.


Et dans une maladie chronique, ces moments de répit ont leur importance.


Et la « ronronthérapie » ?


Le terme est devenu populaire pour désigner le sentiment de détente que certaines personnes éprouvent lorsqu’elles écoutent ou ressentent le ronronnement d’un chat.

La chaleur de l’animal, les vibrations du ronronnement, les caresses et le moment de calme peuvent effectivement être très agréables.


Il est toutefois préférable de parler de détente et de bien-être plutôt que d’attribuer au ronronnement des propriétés thérapeutiques précises comme « soigner l’insomnie » ou « réguler la tension artérielle ».

Cela n’enlève rien au plaisir que peut procurer un chat qui ronronne contre soi !


Un animal peut aussi demander beaucoup d’énergie


La relation avec un animal n’est pas vécue de la même manière par tout le monde.


Lorsque la fatigue ou les douleurs sont importantes, les promenades, les soins, le nettoyage, les rendez-vous vétérinaires ou simplement la responsabilité quotidienne peuvent parfois devenir difficiles à assumer.

Et cela mérite aussi d’être dit sans culpabiliser.


On peut énormément aimer son animal et avoir besoin d’aide pour s’en occuper.

Lorsqu’on envisage d’adopter un animal alors que l’on vit avec une maladie chronique, il peut donc être utile de réfléchir à ses capacités actuelles, mais aussi aux jours où l’on va moins bien et aux personnes qui pourraient éventuellement prendre le relais.


Et le bien-être de l’animal ?


La zoothérapie est une relation à deux.

L’animal ne doit pas devenir un simple « outil thérapeutique ».


La publication belge de Question Santé insiste justement sur cette dimension : une intervention de médiation animale doit aussi respecter les besoins, les limites et le bien-être de l’animal.


Dans une véritable activité thérapeutique, le choix de l’animal, sa formation, son comportement, la présence d’un intervenant compétent et le respect de ses temps de repos sont donc importants.


À retenir


La zoothérapie ou médiation animale utilise la relation avec un animal comme support d’une intervention de bien-être, éducative ou thérapeutique.

Dans la fibromyalgie, quelques études consacrées aux chiens de thérapie ont obtenu des résultats encourageants sur le bien-être, la détresse et la perception momentanée de la douleur.


Cela ne fait pas de la zoothérapie un traitement de la fibromyalgie, mais elle peut constituer une approche complémentaire agréable et intéressante pour certaines personnes.


Et en dehors de toute thérapie organisée, la relation quotidienne avec un animal peut également apporter beaucoup : présence, affection, distraction, activité, sentiment d’utilité ou simplement un peu de douceur les jours difficiles.

Mais chacun doit aussi pouvoir reconnaître ses propres limites.


Un animal peut être un merveilleux compagnon de route dans la maladie… à condition que la relation reste bénéfique pour lui comme pour nous.


Sources


Question Santé ASBL – Belgique, 2023. Médiation animale : soigner l’humain, renouer avec le Vivant. Réflexion belge sur les pratiques de médiation animale, leurs apports et le respect du bien-être animal.

AVIQ – Belgique. Informations consacrées aux animaux de compagnie, au soutien émotionnel, social et à l’activité qu’ils peuvent favoriser.

Marcus D.A. et al., 2013. Impact of Animal-Assisted Therapy for Outpatients with Fibromyalgia. Pain Medicine. Étude consacrée aux visites d’un chien de thérapie auprès de personnes atteintes de fibromyalgie.

Mohabbat A.B. et al., 2020. The Impact of a 20-Minute Animal-Assisted Activity Session on the Physiological and Emotional States in Patients With Fibromyalgia. Mayo Clinic Proceedings. Essai randomisé portant sur 221 personnes atteintes de fibromyalgie.

 
 
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