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CHROMOTHERAPIE

17 mars 2025
5 min de lecture

Dernière mise à jour : 3 sept.


Les couleurs nous accompagnent partout.


Certaines nous apaisent, d’autres nous stimulent, nous attirent ou nous dérangent. Elles participent à l’ambiance d’un lieu, à notre perception de l’environnement et parfois même à notre humeur.


La chromothérapie, ou thérapie par les couleurs, part de cette influence et utilise différentes couleurs ou lumières colorées dans un objectif de bien-être, d’équilibre ou d’accompagnement thérapeutique.

Ses racines sont anciennes et plusieurs traditions ont attribué aux couleurs des propriétés particulières.


Aujourd’hui encore, certaines personnes trouvent dans une séance de chromothérapie un véritable moment d’apaisement et de déconnexion.

Lorsqu’on vit avec la fibromyalgie, ce n’est pas forcément anodin.


Une expérience très sensorielle


Une séance peut prendre différentes formes : éclairage coloré d’une pièce, projection de lumière sur le corps, bain de couleurs associé à de la musique ou à la relaxation…


L’expérience dépend donc autant de la lumière que de l’environnement dans lequel elle est vécue.

Une lumière douce, un lieu calme, une musique agréable et le fait de s’allonger sans devoir rien faire pendant un moment peuvent déjà modifier notre état de tension et notre perception du moment.


Les couleurs, elles aussi, peuvent susciter des réactions différentes selon les personnes.

Le bleu que l’un trouve profondément apaisant peut laisser l’autre complètement indifférent.

Et c’est très bien ainsi.

La relation aux couleurs est aussi personnelle.


Les couleurs peuvent-elles réellement influencer notre état ?


Oui, dans une certaine mesure.


La lumière joue un rôle important dans notre physiologie, notamment sur les rythmes circadiens, le sommeil et l’éveil.

Les couleurs et l’environnement lumineux peuvent également influencer nos perceptions et certaines réactions émotionnelles.


Des études expérimentales sur la lumière colorée ont observé des modifications de paramètres physiologiques ou psychologiques. Par exemple, un essai randomisé réalisé chez des patients recevant un traitement dentaire a retrouvé une diminution de l’anxiété après exposition à une lumière bleue ou rose par rapport au groupe contrôle.


Cela ne signifie évidemment pas qu’une couleur possède toujours le même effet chez tout le monde.

Mais cela montre que l’environnement lumineux n’est pas nécessairement neutre pour notre organisme et notre ressenti.


Et dans la douleur chronique ?


La recherche reste encore limitée.

Une petite étude publiée en 2024 a suivi 44 personnes souffrant de douleurs chroniques qui recevaient une intervention combinant musique, lumière et chromothérapie.

Après quatre séances, les participants rapportaient une amélioration de plusieurs dimensions de leur douleur ainsi que de l’anxiété.

C’est intéressant, mais l’intervention associait trois éléments différents et ne comportait pas de groupe contrôle.

Impossible donc de savoir quelle part du résultat provenait spécifiquement de la couleur.

Cela illustre néanmoins quelque chose d’important : les approches sensorielles associant lumière, son, environnement et relaxation méritent d’être davantage étudiées dans la douleur chronique.


Et pour la fibromyalgie ?


Nous ne disposons pas actuellement d’études suffisamment solides permettant de dire qu’une couleur précise diminue la douleur, améliore le sommeil ou agit sur les mécanismes de la fibromyalgie.


Cela ne signifie pas pour autant qu’une personne atteinte de fibromyalgie ne puisse pas apprécier une séance et en retirer de la détente ou un mieux-être.

Une maladie chronique ne se résume pas uniquement aux traitements capables d’en modifier les mécanismes.


Tout ce qui aide à diminuer momentanément la tension, à se sentir mieux dans son corps ou simplement à vivre un moment agréable peut aussi avoir sa place dans le quotidien.


Rouge pour ceci, bleu pour cela ?


Les différentes écoles de chromothérapie attribuent souvent des propriétés particulières aux couleurs.

Le bleu serait apaisant.

Le rouge énergisant.

Le vert équilibrant.

D’autres systèmes relient les couleurs aux chakras ou à différentes fonctions de l’organisme.


Ces conceptions appartiennent à des traditions et à des cadres thérapeutiques particuliers.

La recherche biomédicale actuelle ne permet pas de confirmer de manière générale qu’une couleur possède un effet thérapeutique précis et reproductible sur un organe ou une maladie donnée.

Mais cela ne nous oblige pas à considérer toute utilisation traditionnelle de la couleur comme dénuée de sens.


Comme pour d’autres approches complémentaires, la recherche peut aussi s’intéresser à ce que vivent les personnes et aux effets observés, même lorsque les explications proposées par différentes traditions ne sont pas les mêmes.


L’OMS encourage aujourd’hui justement le développement de recherches sur les médecines traditionnelles, complémentaires et intégratives, avec une approche à la fois fondée sur les données, respectueuse des cultures et centrée sur les personnes.


Chromothérapie, luminothérapie et photobiomodulation : attention à ne pas tout mélanger


Parce que toutes utilisent de la lumière, ces approches sont parfois confondues.

Pourtant, elles ne sont pas équivalentes.


La chromothérapie utilise principalement la couleur et la lumière visible dans une démarche de bien-être ou selon différentes conceptions traditionnelles.

La luminothérapie utilise une lumière d’intensité déterminée, notamment pour agir sur les rythmes circadiens et certaines formes de dépression saisonnière.

La photobiomodulation, quant à elle, utilise des longueurs d’onde et des doses précisément définies, généralement avec des lasers de faible intensité ou des LED.


Cette dernière fait désormais l’objet de véritables recherches dans la fibromyalgie.

Une revue systématique publiée en 2026, comprenant sept essais randomisés, retrouve des améliorations à court terme de la douleur et de la qualité de vie, tout en soulignant la grande diversité des protocoles.

Une autre analyse publiée en août 2026, consacrée à la photobiomodulation ajoutée à l’exercice, n’a en revanche pas retrouvé de bénéfice supplémentaire statistiquement significatif par rapport à l’exercice seul ; le niveau de certitude était très faible.

La recherche continue donc.

Mais ces résultats concernent la photobiomodulation, pas la chromothérapie classique.

Dire qu’une lumière rouge utilisée avec une dose thérapeutique précise produit certains effets biologiques ne signifie pas que toute lumière rouge possède automatiquement les mêmes propriétés.


Si cela me fait du bien ?


Alors ce bénéfice mérite d’être entendu.

Certaines personnes sortiront d’une séance détendues.

D’autres apprécieront simplement la beauté de l’environnement ou le moment de repos.

Certaines ne ressentiront rien de particulier.

Et d’autres n’aimeront pas du tout certaines couleurs ou certaines lumières.


Il n’est pas nécessaire de choisir entre :

« la chromothérapie soigne »

et

« la chromothérapie ne sert à rien ».

La réalité peut être beaucoup plus simple.


Une séance peut ne pas traiter la fibromyalgie et néanmoins participer au bien-être d’une personne qui l’apprécie.


En images : découvrir la chromothérapie


Pour les personnes qui préfèrent voir concrètement à quoi ressemble une séance plutôt que de simplement la lire, nous conservons la vidéo de Brin de Beauté consacrée à la chromothérapie.


Elle permet de découvrir le déroulement et l’ambiance d’une séance.


Certaines explications données dans la vidéo correspondent aux conceptions utilisées en chromothérapie et ne sont pas nécessairement toutes établies scientifiquement.


MY FIBRO vous la propose donc comme illustration de la pratique, et non comme preuve de son efficacité.



À retenir


La chromothérapie utilise les couleurs et la lumière dans une démarche de bien-être et s’inscrit dans différentes traditions.


La recherche spécifique reste encore limitée, mais nous savons que la lumière, les couleurs et l’environnement sensoriel peuvent influencer certaines perceptions et certains états psychologiques.


Nous ne pouvons actuellement pas attribuer à chaque couleur les effets thérapeutiques précis parfois annoncés.


Mais nous n’avons pas non plus besoin de transformer chaque moment de détente en traitement médical pour lui reconnaître de la valeur.


Si une couleur nous apaise, nous enveloppe ou nous aide simplement à souffler un peu, ce ressenti mérite déjà d’exister sans devoir lui demander davantage.


Sources


  • Organisation mondiale de la Santé (2025-2034). Stratégie mondiale pour la médecine traditionnelle. Développement d’une médecine traditionnelle, complémentaire et intégrative sûre, fondée sur les données, culturellement respectueuse et centrée sur les personnes.

  • Effects of Combining Music Therapy, Light Therapy, and Chromotherapy in the Treatment of Chronic Pain Patients (2024). Étude pilote chez 44 personnes présentant une douleur chronique.

  • Effect of chromotherapy on the anxiety level in patients undergoing endodontic treatment (2022). Essai randomisé évaluant l’effet de lumières colorées sur l’anxiété.

  • Swathi G.A. et al. (2026). Effect of photobiomodulation on pain and quality of life in fibromyalgia syndrome: a systematic review. Lasers in Medical Science, 41, 125.

  • Macena R.L. et al. (2026). Efficacy of photobiomodulation associated with exercise in patients with fibromyalgia: A systematic review and meta-analysis. British Journal of Pain.



 
 
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