INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
Dernière mise à jour : 14 sept.

Les troubles cognitifs liés à la fibromyalgie, souvent regroupés sous le terme de fibro-brouillard, peuvent compliquer des choses pourtant très ordinaires :
retrouver un mot, organiser ses idées, comprendre un courrier, rédiger un message, préparer un rendez-vous, retenir plusieurs informations en même temps…
Et si l’intelligence artificielle pouvait parfois nous enlever une petite partie de cette charge mentale ?
Pas remplacer notre cerveau.
Pas réfléchir à notre place.
Et certainement pas devenir notre médecin.
Mais nous servir, certains jours, de petite béquille cognitive.
L’intelligence artificielle, de quoi parle-t-on ?
Tous les outils numériques ne sont pas de l’intelligence artificielle.
Un agenda électronique, un rappel sur le téléphone ou une application de navigation peuvent être très utiles, mais ce ne sont pas forcément des outils d’IA.
L’intelligence artificielle générative désigne notamment des outils capables, à partir d’une demande formulée en langage courant, de produire ou transformer du contenu :
résumer un texte ;
reformuler une information ;
préparer une liste ;
proposer un plan ;
rédiger un brouillon ;
comparer des éléments ;
expliquer quelque chose avec des mots plus simples.
Et c’est précisément là que ces outils peuvent devenir intéressants lorsque notre cerveau décide de fonctionner… avec quinze onglets ouverts et seulement deux qui répondent.
Quand lire devient difficile
Certains jours, un courrier administratif de deux pages peut sembler en faire vingt.
L’IA peut aider à :
résumer un document ;
identifier les informations importantes ;
expliquer certains termes ;
transformer un texte complexe en langage plus accessible ;
créer une liste des démarches à effectuer.
On peut par exemple demander :
« Résume ce texte en cinq points importants et indique-moi ce que je dois faire. »
Ou :
« Explique-moi ce courrier avec des mots simples. »
Cela ne dispense évidemment pas de relire le document original lorsque l’enjeu est important.
Quand les mots ne viennent plus
Le fibro-brouillard peut aussi rendre l’écriture pénible.
On sait ce qu’on veut dire…
mais impossible de l’organiser.
L’IA peut alors aider à transformer quelques notes désordonnées en :
mail ;
message ;
liste ;
courrier ;
compte rendu ;
texte plus clair.
Vous pouvez écrire :
« Voici mes idées en vrac. Peux-tu les remettre dans un ordre logique sans changer ce que je veux dire ? »
Cela peut éviter de consacrer une quantité disproportionnée d’énergie à une tâche relativement simple.
Préparer un rendez-vous médical
Après plusieurs semaines de symptômes fluctuants, répondre à :
« Alors, comment ça va depuis la dernière fois ? »
peut devenir étonnamment compliqué.
Un outil d’IA peut vous aider à organiser les informations que vous lui fournissez :
principaux symptômes ;
changements observés ;
questions à poser ;
traitements dont vous souhaitez parler ;
événements importants depuis la dernière consultation.
Par exemple :
« Voici mes notes des trois dernières semaines. Peux-tu les organiser en une liste courte que je pourrai utiliser lors de mon rendez-vous médical ? »
En revanche, l’IA ne doit pas décider à votre place :
si un symptôme est grave ;
quel diagnostic vous avez ;
quel médicament prendre ;
quel traitement arrêter ;
ou si une consultation est nécessaire.
Organiser une journée sans devoir tout garder en tête
Lorsque la concentration manque, prendre plusieurs décisions successives peut être épuisant.
L’IA peut aider à transformer une liste confuse de choses à faire en quelque chose de plus lisible.
Par exemple :
« J’ai ces six choses à faire aujourd’hui. Aide-moi à les classer entre indispensable, peut attendre et facultatif. »
Ou :
« Prépare-moi une liste de courses à partir de ces quatre repas. »
Ou encore :
« Je dois préparer ce déplacement. Fais-moi une check-list pour ne rien oublier. »
L’objectif n’est pas de remplir davantage la journée.
Il peut au contraire être de réduire le nombre de décisions à prendre.
Et quand on est trop fatigué pour taper ?
L’IA peut aussi être utilisée avec la dictée vocale proposée par de nombreux téléphones ou ordinateurs.
On peut alors parler plutôt qu’écrire, puis demander à l’outil de remettre le texte en ordre.
Cela peut être particulièrement intéressant les jours où taper sur un clavier devient douloureux ou demande trop de concentration.
Attention : l’IA peut se tromper
C’est probablement le point le plus important.
Un outil d’intelligence artificielle peut produire une réponse :
très bien écrite ;
très convaincante ;
très précise en apparence…
et néanmoins fausse.
Il peut inventer :
une étude scientifique ;
une référence ;
une règle administrative ;
un effet secondaire ;
un organisme ;
ou simplement interpréter incorrectement une information.
On parle parfois d’hallucination de l’IA.
La forme de la réponse ne garantit donc jamais sa fiabilité.
Pour les questions médicales, juridiques, administratives ou financières, il faut vérifier les informations auprès d’une source fiable.
Une source… reste une source
On peut parfaitement demander :
« Trouve-moi des études sur ce sujet. »
Mais il faut ensuite vérifier :
si l’étude existe réellement ;
qui l’a publiée ;
quand ;
sur combien de personnes ;
et surtout ce qu’elle dit réellement.
L’IA peut aider à chercher et à comprendre.
Elle ne transforme pas automatiquement une affirmation en preuve scientifique.
Attention aux données personnelles
Il faut aussi réfléchir avant de transmettre des informations à un chatbot.
Un dossier médical contient souvent :
votre nom ;
votre date de naissance ;
des résultats d’examens ;
des diagnostics ;
des traitements ;
parfois des coordonnées ou numéros d’identification.
Les données concernant la santé bénéficient d’une protection particulière.
Avant de copier un document dans un outil d’IA, mieux vaut donc se demander si toutes ces informations doivent réellement y figurer.
Lorsque c’est possible :
retirez votre nom ;
supprimez l’adresse ;
masquez les numéros d’identification ;
évitez les données concernant d’autres personnes ;
et consultez les règles de confidentialité de l’outil utilisé.
Pour simplement demander :
« Peux-tu m’expliquer ce résultat ? »
l’IA n’a généralement pas besoin de savoir qui vous êtes.
Une IA n’est pas un professionnel de santé
L’intelligence artificielle peut être très douée pour expliquer.
Elle peut parfois donner l’impression de discuter avec quelqu’un qui comprend parfaitement la situation.
Mais elle n’examine pas votre corps.
Elle ne connaît pas votre dossier complet.
Elle ne perçoit pas ce que votre médecin observe pendant une consultation.
Elle ne porte pas la responsabilité d’une décision médicale.
Utilisée intelligemment, elle peut donc être un outil de préparation, d’organisation et de compréhension.
Pas un substitut au professionnel de santé.
Et faut-il tout lui déléguer ?
Non.
L’objectif n’est pas de ne plus réfléchir.
Il est plutôt de choisir où nous voulons dépenser notre énergie cognitive.
Si l’IA peut m’éviter de passer vingt minutes à remettre une liste dans l’ordre, cette énergie peut servir ailleurs.
Si elle m’aide à structurer une question avant un rendez-vous, je reste celle ou celui qui pose la question.
Si elle rédige un brouillon, je reste la personne qui décide ce qu’elle veut réellement dire.
En résumé :
l’IA fait le brouillon. Vous gardez la décision.
À retenir
Pour une personne vivant avec un fibro-brouillard, l’intelligence artificielle peut parfois aider à :
alléger certaines tâches cognitives ;
résumer ;
structurer ;
écrire ;
préparer ;
organiser ;
reformuler.
Mais trois réflexes restent indispensables :
vérifier les informations importantes ;protéger ses données personnelles ;et ne jamais confondre assistance numérique et avis médical.
Utilisée comme cela, l’IA n’a pas besoin de devenir notre deuxième cerveau.
Elle peut simplement nous aider, certains jours, à économiser un peu du premier.
Sources
Millar KA, Crump L, LaChapelle DL. Lived Experiences of Cognitive Dysfunction in Fibromyalgia: How Patients Discuss Their Experiences and Suggestions for Patient Education. Journal of Patient Experience, 2024. Cette étude s’intéresse au vécu du fibro-brouillard et aux difficultés de mémoire, de concentration et de communication rapportées par les personnes atteintes de fibromyalgie.
Kravitz HM, Katz RS. Fibrofog and fibromyalgia: a narrative review and implications for clinical practice. Rheumatology International, 2015. Revue consacrée aux troubles cognitifs associés à la fibromyalgie : manque de clarté mentale, attention et mémoire notamment.
Organisation mondiale de la Santé (OMS). Ethics and governance of artificial intelligence for health: guidance on large multi-modal models, 2024. L’OMS souligne à la fois les possibilités offertes par l’IA générative en santé et les risques liés aux réponses fausses ou incomplètes, aux biais, à la confidentialité et à une confiance excessive dans ces outils.
Autorité de protection des données – Belgique. The impact of Artificial Intelligence on privacy, version avril 2026. L’APD belge attire notamment l’attention sur les données personnelles transmises aux systèmes d’IA et sur la difficulté de savoir précisément comment certaines informations introduites dans les chatbots peuvent être traitées.
Important
À ce jour, ces sources ne démontrent pas que l’intelligence artificielle traite ou améliore le fibro-brouillard.
Dans cet article, MY FIBRO présente plutôt l’IA comme un outil pratique susceptible d’alléger certaines tâches — résumer, structurer, reformuler, préparer une liste ou un rendez-vous — lorsque les difficultés cognitives rendent ces tâches plus fatigantes.
Il s’agit donc d’un usage d’assistance au quotidien, pas d’une intervention thérapeutique validée contre les troubles cognitifs de la fibromyalgie.
