JAMBES SANS REPOS
Dernière mise à jour : 29 août

SYNDROME DES JAMBES SANS REPOS ET FIBROMYALGIE
Une envie irrésistible de bouger les jambes, accompagnée de fourmillements, de picotements, de tiraillements ou d’autres sensations désagréables, surtout le soir ou lorsque l’on reste immobile…
Il peut s’agir du syndrome des jambes sans repos (SJSR), parfois appelé « impatiences dans les jambes » ou maladie de Willis-Ekbom.
Le syndrome des jambes sans repos est un trouble neurologique distinct de la fibromyalgie, mais il est fréquemment retrouvé chez les personnes qui en sont atteintes.
L’expertise collective de l’Inserm consacrée à la fibromyalgie considère d’ailleurs le SJSR comme suffisamment fréquent pour recommander de le rechercher chez une personne fibromyalgique présentant des troubles du sommeil, notamment parce qu’il peut faire l’objet d’une prise en charge spécifique.
(Inserm, Expertise collective Fibromyalgie, 2020)
Comment le reconnaître ?
Le syndrome des jambes sans repos se caractérise principalement par un besoin impérieux de bouger les jambes, généralement associé à des sensations désagréables.
Les symptômes présentent plusieurs caractéristiques typiques :
ils apparaissent ou s’aggravent au repos, notamment lorsque l’on reste assis ou allongé ;
ils sont généralement plus importants le soir ou la nuit ;
bouger les jambes, marcher ou s’étirer apporte habituellement un soulagement temporaire.
Le Centre du sommeil d’UZ Leuven, en Belgique, décrit également cette envie irrésistible de bouger les jambes en raison de sensations désagréables apparaissant particulièrement en position assise ou allongée et principalement le soir.
(UZ Leuven, Centre du sommeil)
Quel lien avec la fibromyalgie ?
Le SJSR ne fait pas partie des critères diagnostiques de la fibromyalgie.
Cependant, l’association entre les deux est bien documentée.
Dans son analyse des troubles du sommeil associés à la fibromyalgie, l’Inserm rapporte que les études disponibles retrouvaient un syndrome des jambes sans repos chez 23 à 64 % des personnes atteintes de fibromyalgie selon les études.
Cette grande variation montre qu’il faut rester prudent avec un chiffre unique, mais confirme que cette association mérite d’être connue.
(Inserm, 2020)
On ne sait pas précisément pourquoi les deux affections sont fréquemment associées et ces données ne signifient pas que la fibromyalgie provoque le syndrome des jambes sans repos.
Pourquoi est-il important de le repérer ?
Parce qu’il peut avoir un impact important sur le sommeil.
Lorsque les symptômes apparaissent au moment de se coucher, ils peuvent rendre l’endormissement difficile et conduire la personne à devoir régulièrement se lever ou bouger pour obtenir un soulagement.
Or la fibromyalgie s’accompagne déjà très fréquemment d’un sommeil non réparateur et d’une fatigue importante.
Un syndrome des jambes sans repos associé peut donc contribuer à aggraver ces difficultés.
C’est précisément pour cette raison que l’Inserm recommande de rechercher notamment le syndrome des jambes sans repos et les apnées du sommeil lorsqu’une personne atteinte de fibromyalgie présente des troubles du sommeil : contrairement au sommeil non réparateur propre à la fibromyalgie, ces troubles associés peuvent bénéficier d’une prise en charge spécifique.
Et les mouvements des jambes pendant le sommeil ?
Il faut distinguer le syndrome des jambes sans repos des mouvements périodiques des jambes pendant le sommeil.
Ces mouvements involontaires peuvent accompagner un SJSR, mais les deux phénomènes ne sont pas identiques.
L’Inserm précise que l’on peut présenter un syndrome des jambes sans repos sans mouvements périodiques importants pendant le sommeil, et inversement.
(Inserm, 2020)
Le fer peut-il jouer un rôle ?
Oui.
Une carence en fer fait partie des situations pouvant provoquer ou favoriser un syndrome des jambes sans repos.
UZ Leuven cite également parmi les causes ou facteurs associés certaines maladies, notamment l’insuffisance rénale, ainsi que certains médicaments.
(UZ Leuven, Centre du sommeil)
Lorsque les symptômes sont importants ou répétés, le médecin peut donc rechercher notamment une carence en fer et d’autres facteurs susceptibles de les favoriser.
Cela ne signifie pas qu’il faille prendre du fer de sa propre initiative : une supplémentation n’est indiquée que lorsqu’elle est justifiée par la situation médicale et les résultats biologiques.
Certains médicaments peuvent-ils jouer un rôle ?
Oui, chez certaines personnes.
UZ Leuven mentionne notamment certains antidépresseurs parmi les médicaments pouvant favoriser ou aggraver le syndrome des jambes sans repos.
Cela ne signifie évidemment pas qu’un traitement antidépresseur doit être interrompu.
Un médicament prescrit ne doit jamais être arrêté ou modifié sans en parler au médecin.
Lorsque les symptômes apparaissent ou deviennent nettement plus importants après l’introduction ou la modification d’un traitement, il peut simplement être utile de le signaler.
Que faire lorsque les symptômes sont présents ?
Lors d’un épisode, bouger les jambes, marcher ou s’étirer apporte généralement un soulagement temporaire.
Lorsque le syndrome devient fréquent, perturbe l’endormissement ou le sommeil et accentue la fatigue pendant la journée, il est utile d’en parler avec un médecin.
Le diagnostic est principalement clinique, c’est-à-dire basé sur les symptômes décrits et l’examen médical. Des examens complémentaires peuvent être proposés lorsque cela est nécessaire pour rechercher une cause ou un autre trouble du sommeil.
Des traitements existent lorsque les symptômes ont un retentissement important. La prise en charge dépend notamment de leur fréquence, de leur intensité et de l’existence éventuelle d’un facteur favorisant comme une carence en fer.
À retenir
Le syndrome des jambes sans repos est une affection distincte de la fibromyalgie, mais il y est fréquemment associé.
Il se caractérise principalement par un besoin irrésistible de bouger les jambes, apparaissant ou s’aggravant au repos et le soir, et temporairement soulagé par le mouvement.
Chez une personne atteinte de fibromyalgie qui dort mal, reconnaître un SJSR peut être particulièrement utile : tous les troubles du sommeil ne sont pas nécessairement dus au sommeil non réparateur de la fibromyalgie, et certains peuvent bénéficier d’une prise en charge spécifique.
Sources
Inserm – Fibromyalgie, Expertise collective, 2020, chapitre consacré au sommeil et aux troubles spécifiques du sommeil associés à la fibromyalgie.
UZ Leuven – Centre du sommeil, Belgique – Syndrome des jambes sans repos, mise à jour 2025.
Hospices Civils de Lyon – Service de Médecine du Sommeil – Syndrome des jambes sans repos, fiche d’information médicale en français.
