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MACHOIRES

7 mai 2024
3 min de lecture

Dernière mise à jour : 29 août


Douleur au niveau de la mâchoire ou du visage, fatigue lorsque l’on mâche, difficulté à ouvrir la bouche, sensation de blocage, craquements…


Ces symptômes peuvent être liés à des troubles temporo-mandibulaires (DTM).

Les DTM regroupent différents problèmes touchant les articulations temporo-mandibulaires, qui relient la mandibule au crâne, ainsi que les muscles impliqués dans les mouvements de la mâchoire.


Ils constituent un problème distinct de la fibromyalgie, mais les deux peuvent fréquemment être associés.


Quels symptômes peut-on ressentir ?


Les troubles temporo-mandibulaires peuvent notamment provoquer :

  • des douleurs de la mâchoire ou du visage ;

  • une douleur ou une fatigue lorsque l’on mâche ;

  • une limitation de l’ouverture de la bouche ;

  • une sensation de blocage ;

  • des craquements ou d’autres bruits articulaires ;

  • une sensation de tension dans les muscles de la mâchoire.


Des maux de tête ou des douleurs cervicales peuvent également être associés.


Aux Cliniques universitaires Saint-Luc, à Bruxelles, les patients pris en charge en kinésithérapie maxillo-faciale consultent notamment pour des douleurs de la mâchoire et du visage, des limitations de mobilité, mais aussi pour des céphalées ou des douleurs de la nuque.

(Cliniques universitaires Saint-Luc)


Un craquement isolé de la mâchoire, sans douleur ni limitation, ne signifie cependant pas nécessairement qu’un traitement est nécessaire.


Quel lien avec la fibromyalgie ?


Les troubles temporo-mandibulaires chroniques font partie des affections douloureuses que l’on retrouve fréquemment en association avec la fibromyalgie.


Le Pr Étienne Masquelier, du Centre de référence multidisciplinaire de la douleur chronique de l’UCLouvain, cite les troubles douloureux temporo-mandibulaires chroniques et la fibromyalgie parmi les situations dans lesquelles des mécanismes de douleur nociplastique peuvent intervenir. Il indique également que les troubles temporo-mandibulaires chroniques sont souvent associés à la fibromyalgie et aux céphalées de tension.

(Masquelier, Louvain Médical, 2023)


Cela peut contribuer à expliquer pourquoi certaines personnes atteintes de fibromyalgie présentent une sensibilité importante au niveau de la mâchoire et du visage.


Il ne faut cependant pas en conclure que la fibromyalgie « provoque » systématiquement les DTM : plusieurs mécanismes peuvent intervenir et chaque situation doit être évaluée individuellement.


Le serrement ou le grincement des dents jouent-ils un rôle ?


Ils peuvent contribuer aux symptômes chez certaines personnes.


Serrer fréquemment les dents, les maintenir longtemps en contact ou solliciter excessivement les muscles de la mâchoire peut augmenter leur fatigue et leur sensibilité.


Les Cliniques universitaires Saint-Luc insistent notamment sur l’intérêt d’identifier certaines habitudes qui surchargent la mâchoire.


Mais le bruxisme et les troubles temporo-mandibulaires ne sont pas synonymes : toutes les personnes qui grincent ou serrent les dents n’ont pas de DTM, et tous les DTM ne sont pas provoqués par le bruxisme.


Quelle prise en charge ?


La prise en charge dépend du type de trouble et de son retentissement.

Lorsque cela est indiqué, une kinésithérapie maxillo-faciale peut notamment travailler sur :

  • la mobilité de la mâchoire ;

  • le relâchement musculaire ;

  • certains mouvements ou exercices ;

  • les habitudes qui sollicitent excessivement la mâchoire ;

  • et l’autogestion des symptômes.


Les Cliniques universitaires Saint-Luc développent précisément cette approche et mènent également des recherches sur l’éducation du patient, les exercices et l’auto-prise en charge des troubles temporo-mandibulaires.


Selon la situation, un dentiste ou un autre professionnel spécialisé dans les douleurs oro-faciales peut également intervenir.


Une gouttière, une manipulation ou un traitement plus invasif n’est pas automatiquement nécessaire pour toute douleur de mâchoire.


Le Pr Masquelier rappelle d’ailleurs que, lorsqu’une composante nociplastique est présente, il convient de privilégier les prises en charge non invasives et d’éviter de multiplier inutilement des traitements périphériques ou chirurgicaux.


Quand demander un avis ?


Une douleur persistante, une limitation importante de l’ouverture de la bouche ou des blocages répétés méritent une évaluation.


Chez une personne atteinte de fibromyalgie, il est particulièrement utile de reconnaître qu’une douleur de mâchoire peut faire partie d’un tableau douloureux plus global tout en nécessitant une prise en charge spécifique.


À retenir


Les troubles temporo-mandibulaires sont fréquemment associés à la fibromyalgie.


Ils peuvent provoquer douleurs de la mâchoire ou du visage, fatigue à la mastication, limitation des mouvements, tensions musculaires et parfois céphalées ou douleurs cervicales.


Cette association peut notamment s’inscrire dans des mécanismes communs de sensibilisation et de douleur nociplastique.


La prise en charge privilégie généralement des approches adaptées, progressives et aussi peu invasives que possible.


Sources


  • Masquelier E. – La douleur nociplastique, Louvain Médical, UCLouvain, 2023.

  • Cliniques universitaires Saint-Luc, Bruxelles – La kinésithérapie maxillo-faciale : une mâchoire en « burn out » et Service de kinésithérapie et d’ergothérapie.

 
 
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