MARCHE
Dernière mise à jour : 1 sept.

Marcher paraît être l’activité physique la plus simple au monde.
Pas besoin de salle de sport, de matériel sophistiqué ni de maîtriser une technique particulière.
Et pourtant, lorsqu’on vit avec une fibromyalgie, mettre un pied devant l’autre peut parfois devenir tout sauf simple.
Douleur, fatigue, raideur, troubles de l’équilibre ou diminution de l’endurance peuvent réduire progressivement la distance et la vitesse de marche.
Marcher reste une activité physique
La marche est une activité d’endurance accessible qui peut participer au maintien ou à l’amélioration des capacités physiques.
Les recommandations actuelles concernant la fibromyalgie accordent une place importante à l’activité physique progressive et individualisée. La marche fait partie des activités pouvant être proposées.
Des études montrent d’ailleurs que les personnes atteintes de fibromyalgie ont, en moyenne, une capacité de marche plus faible que les personnes sans fibromyalgie.
Cela ne signifie évidemment pas que tout le monde marche de la même façon ni rencontre les mêmes difficultés.
Combien faut-il marcher ?
C’est probablement la mauvaise question.
Il n’existe pas une distance magique à partir de laquelle la marche deviendrait bénéfique.
Pour une personne, cinq kilomètres seront agréables.
Pour une autre, cinq cents mètres représenteront déjà un effort important.
Et certaines journées ne ressembleront pas aux précédentes.
Le bon point de départ est celui que votre corps peut raisonnablement supporter aujourd’hui.
On peut marcher moins longtemps, ralentir, faire une pause, fractionner la promenade ou choisir un parcours plus facile.
Puis augmenter progressivement lorsque cela devient possible.
Une petite marche n’est pas une marche ratée.
Marcher malgré la douleur ?
Lorsqu’on aimait beaucoup marcher ou randonner avant la maladie, la fibromyalgie peut profondément modifier le rapport à cette activité.
Les distances diminuent parfois, le rythme change, les pauses deviennent nécessaires et certaines sorties autrefois faciles demandent désormais beaucoup plus d’énergie.
Continuer à marcher, autant que ses capacités le permettent, peut néanmoins être une manière de préserver ce que le corps est encore capable de faire.
Cela ne signifie pas qu’il faille se contraindre coûte que coûte.
Entre ne plus marcher par peur d’avoir mal et marcher jusqu’à ne plus pouvoir avancer, il existe heureusement beaucoup de chemins intermédiaires.
Marcher peut aussi faire du bien autrement
La marche ne se résume pas à entraîner les jambes et le cœur.
Elle peut aussi permettre de :
sortir de chez soi ;
prendre l’air ;
découvrir un endroit ;
marcher avec quelqu’un ;
retrouver un peu de nature ;
ou simplement s’accorder un moment différent dans la journée.
Et cela compte également.
Une activité physique que l’on apprécie a surtout davantage de chances d’être poursuivie.
En Belgique : des possibilités pour marcher
Les Marches ADEPS – Points Verts proposent régulièrement, en Wallonie et à Bruxelles, des parcours balisés de différentes distances.
Cela peut être une occasion de marcher seul, avec des proches ou en groupe.
Mais un parcours organisé de 5 km n’est pas une prescription médicale !
S’il est trop long, trop vallonné ou simplement trop difficile ce jour-là, une promenade plus courte près de chez soi reste tout aussi légitime.
Ce n’est pas le nombre de kilomètres qui donne sa valeur à la marche.
À retenir
La marche est une manière simple de maintenir une activité d’endurance et peut contribuer à préserver les capacités physiques dans la fibromyalgie.
Elle doit cependant être adaptée à chacun et progresser en fonction des possibilités réelles.
Il n’est pas nécessaire d’aller vite.
Il n’est pas nécessaire d’aller loin.
Et il n’est certainement pas nécessaire de marcher jusqu’à l’épuisement pour que cela « compte ».
Avec la fibromyalgie, le chemin peut parfois être plus lent et demander davantage de détours.
L’essentiel est de pouvoir continuer à avancer… à son propre pas.
Sources
Haute Autorité de Santé – France (2025). Fibromyalgie de l’adulte : conduite diagnostique et stratégie thérapeutique. L’activité physique progressive et individualisée constitue un élément majeur de la prise en charge ; la marche fait partie des activités d’endurance pouvant être pratiquées.
Collado-Mateo D. et al. (2022). Individuals with fibromyalgia have a different gait pattern and a reduced walk functional capacity: a systematic review with meta-analysis. Revue systématique et méta-analyse montrant notamment une diminution moyenne des performances aux tests de marche chez les personnes atteintes de fibromyalgie.
Sanz-Baños Y. et al. (2018). Do women with fibromyalgia adhere to walking for exercise programs to improve their health? Systematic review and meta-analysis. Disability and Rehabilitation, 40(21), 2475–2487.
ADEPS – Fédération Wallonie-Bruxelles. Marches ADEPS – Points Verts. Informations pratiques sur les promenades balisées organisées en Wallonie et à Bruxelles.
