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NOURRIR LE BON LOUP

  • 27 sept. 2024
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 1 jour


Adopter une attitude bienveillante et accueillante face à notre souffrance n’a rien à voir avec de la résignation.

Au contraire, cela peut nous aider à ne pas laisser la douleur occuper tout l’espace.


Comme l’a écrit le poète Rumi :

« C’est par cette faille que passe la lumière. »

Alors, ouvrons-nous AUSSI à ce qui va bien dans nos vies.


Le loup blanc et le loup noir


Cette réflexion trouve un écho particulier dans l’histoire du loup blanc et du loup noir.


Cette parabole, souvent présentée comme une légende Cherokee ou amérindienne, est aujourd’hui très répandue, mais son origine exacte reste incertaine.


Elle raconte que deux loups se battent en chacun de nous.

Le loup blanc représente la bonté, la paix, l’amour, la gratitude, l’espoir, la générosité…

Le loup noir incarne la colère, la frustration, la peur, le ressentiment, le désespoir, la souffrance…

Un enfant demande alors :

« Lequel va gagner ? »

Et la réponse est :

« Celui que tu nourris. »


Quand on vit avec la douleur chronique


Avec la fibromyalgie, il n’est pas difficile de comprendre pourquoi le loup noir peut parfois recevoir beaucoup de nourriture.

La douleur.

La fatigue.

Les renoncements.

Les incompréhensions.

Les inquiétudes.

Les mauvaises journées.

Tout cela existe réellement.

Il ne s’agit pas de nier ces difficultés ni de nous reprocher de ressentir colère, tristesse ou découragement.


Mais nous pouvons aussi essayer, lorsque cela est possible, de ne pas oublier complètement le loup blanc.

La pleine conscience peut notamment nous inviter à porter notre attention sur l’ensemble de ce que nous vivons, et pas uniquement sur ce qui fait souffrir.


Cela revient peut-être, jour après jour, à choisir aussi de nourrir ce qui nous apporte :

un peu de douceur ;

du lien ;

de la gratitude ;

du plaisir ;

de l’espoir ;

ou simplement un moment de répit.


Les petites choses comptent aussi


Un sourire.

Une brise légère.

Une fleur qui éclot.

Un rire.

Une chanson.

Un moment avec quelqu’un que nous aimons.

Quelques minutes où notre attention est ailleurs.

Ces moments ne nient pas la réalité de la douleur.

Ils ne la font pas disparaître.

Mais ils peuvent parfois l’empêcher d’occuper tout le paysage.


La recherche montre d’ailleurs que les émotions positives et les moments agréables peuvent participer au bien-être des personnes vivant avec une douleur chronique, même si leurs effets sur la douleur restent modestes et très variables d’une personne à l’autre.

Il ne s’agit donc pas de « penser positif ».

Il s’agit plutôt de laisser aussi une place à ce qui fait du bien lorsqu’il se présente.


Nourrir le loup blanc


Nourrir le loup blanc ne signifie pas refuser le loup noir.

Il ne s’agit pas d’interdire la colère.

Ni la tristesse.

Ni la peur.

Ces émotions ont parfois toutes les raisons d’être là.


Mais nous pouvons essayer de ne pas lui donner toute la gamelle.

Certains jours, ce sera facile.

D’autres jours, beaucoup moins.

Et certains jours seront simplement mauvais.

Cela aussi fait partie de la vie avec une maladie chronique.


Une invitation


Alors, cette semaine, je vous invite simplement à remarquer ce qui va bien dans votre vie, lorsque quelque chose va bien.

Pas pour nier ce qui fait mal.

Pas pour fabriquer artificiellement du positif.

Mais pour ne pas laisser passer inaperçu ce qui peut encore nous apporter un peu de lumière.


Et peut-être nous demander, de temps en temps :

« Quel loup suis-je en train de nourrir ? »

Ou plus simplement :

« Qu’ai-je envie de nourrir aujourd’hui ? »

Un lien.

Un sourire.

Une passion.

Une relation.

Une curiosité.

Un peu d’espoir.

Une petite chose qui nous fait du bien.


Nourrissons aussi le loup blanc.


Sources


  • Aguerre C., Henry F. – « Cultiver des émotions positives et un sentiment de bien-être », dans Mieux vivre avec la douleur chronique, 2023.

  • Finan P. H. et al. Positive affect and chronic pain: a systematic review and meta-analysis. Pain, 2020.

  • L’histoire dite des « deux loups » est très souvent attribuée à la tradition Cherokee, mais son origine historique exacte n’est pas établie avec certitude. Elle est utilisée ici comme métaphore.

 
 
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